Marc 15, 19

Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.

Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.
Louis-Claude Fillion
Ils lui frappaient la tête avec un roseau. Nous savons par S. Matthieu, Matth. 27, 29, que ce roseau avait d’abord été placé en guise de sceptre dans la main droite du Sauveur. — Crachaient… adoraient. Remarquez ces imparfaits qui indiquent la répétition, la multiplication des insultes, chacun des soldats de la cohorte voulant jouer son rôle dans cette scène affreuse. Ainsi, se réalisait une autre partie de la prophétie de Jésus : « ils l’insulteront, et cracheront sur lui, », Marc 10, 34. — La dérision du Christ et le couronnement d’épines ont inspiré des œuvres magistrales à Schidone, au Guide, à Valentin, à Luini, à Titien, à Rubens. L’attitude vraiment royale de Jésus y a été en général bien reproduite.
Saint Bède le Vénérable
Pour diadème, ils lui placent sur la tête une couronne d'épines. «Et ils lui mirent sur la tête une couronne d'épines entrelacées», etc. Pour sceptre royal, ils lui donnent un roseau, suivant le récit de saint Matthieu, et ils se prosternent devant lui comme devant leur roi: «Et ils commencèrent à le saluer», etc. Ils ne lui rendaient ces honneurs que pour se moquer de lui, parce qu'il avait voulu faussement se faire passer pour Dieu; comme le prouvent les paroles suivantes: «Ils lui frappaient la tête avec un roseau».

Ceux-là frappent la tête de Jésus-Christ qui nient qu'il soit le vrai Dieu. Et comme c'est avec un roseau qu'on transcrit ordinairement la sainte Ecriture; frapper avec un roseau la tête de Jésus-Christ, c'est nier la divinité de Jésus-Christ en s'efforçant d'appuyer son erreur sur l'autorité des saintes Lettres. On crache à la face du Sauveur lorsqu'on rejette la présence de sa grâce par des paroles d'imprécation. Il en est encore aujourd'hui qui adorent Jésus-Christ comme le vrai Dieu dans les sentiments d'une foi certaine, mais qui, par leur vie criminelle, méprisent ses paroles comme dépourvues de vérité, et préfèrent à ses promesses les charmes séducteurs de cette vie. Remarquons d'ailleurs que les soldats agissent ici sans savoir ce qu'ils font, comme Caïphe qui avait prononcé ces paroles, sans en comprendre le sens. «Il faut qu'un homme meure pour le peuple» ( Jn 11).