Luc 9, 6

Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Louis-Claude Fillion
De concert avec S. Marc, notre évangéliste décrit en peu de mots l’œuvre et le succès des Apôtres durant cette mission. Le trait pittoresque ils parcouraient les villages lui est propre, comme aussi l'adverbe final partout, et l'emploi du verbe annonçant l'évangile. « En tant que docteurs, dit Eusèbe sur ce passage (ap. Cat. D. Thomae), les Douze annonçaient la bonne nouvelle ; en tant que médecins ils guérissaient, confirmant leur prédication par leurs miracles ».
Saint Cyrille d'Alexandrie
Il est très peu probable que ceux qui méprisent la parole du salut et le père de famille se montrent bienveillants pour ses serviteurs, ou réclament leurs bénédictions.

Considérez ici la divine puissance du Fils de Dieu, qui ne peut convenir à aucune nature créée, car si les saints faisaient des miracles, ce n'était point en vertu d'u n pouvoir naturel, mais par la participation de l'Esprit saint. Ils ne pouvaient d'ailleurs en aucune façon communiquer cette puissance aux autres, car comment une nature créée pourrait-elle disposer en maître des dons de l'Esprit saint? Au contraire, Notre-Seigneur Jésus-Christ étant Dieu par nature, distribue cette grâce à qui il veut, il n'appelle pas sur ceux qui la reçoivent une vertu étrangère, il la leur communique de ses propres trésors.

Mais, dira-t-on, où trouveront-ils les choses nécessaires? Écoutez la suite: «En quelque maison que vous entriez, n'en sortez point»,ce qui veut dire: Contentez-vous des choses que vos disciples vous donneront pour votre entretien en échange des biens spirituels qu'ils recevront de vous. Il leur commande de rester dans la même maison pour ne point contrister, en ch angeant de demeure, celui qui les a reçus chez lui, et ne point s'exposer au soupçon de légèreté d'esprit ou de sensualité.
Saint Augustin
Ou bien en core, si le Sauveur défend à ses disciples de posséder et de porter avec eux aucune de ces choses, ce n'est pas qu'il ne les juge nécessaires au soutien de cette vie, mais il veut leur apprendre, en leur donnant leur mission, qu'ils ont droit à recevoir le nécessaire de ceux à qui ils prêcheraient l'Évangile; ils doivent donc être parfaitement tranquilles à cet égard, et ne se préoccuper en aucune façon, de mettre en réserve et de porter avec eux les choses nécessaires à la vie. Aussi, d'après saint Marc, il leur commande de ne rien porter avec eux, si ce n'est un bâton, pour montrer que les fidèles doivent tout aux ministres de la parole qui, de leur côté, ne demanderont rien de superflu. Le bâton est donc l'emblème de ce droit et de cette puissance dans ces paroles: «Il leur commanda de ne rien prendre avec eux, si ce n'est un bâton».
Saint Ambroise
On peut encore entendre, si l'on veut, et avec plusieurs interprètes, ces paroles dans ce sens, que le Sauveur ne se propose ici que de diriger leurs affections intérieures, qui doivent les porter è se dépouiller du corps comme d'un vêtement, non seulement en méprisant les honneurs et les richesses, mais en renonçant à toutes les séductions de la chair.

Ces préceptes divins nous apprennent donc quelle doit être la vie de celui qui annonce le royaume de Dieu, il doit ne point se préoccuper des moyens de pourvoir à l'entretien de la vie présente, et puiser dans une foi vive la confiance que les choses nécessaires lui seront données avec abondance, en raison directe de son peu d'empressement à les rechercher.

Ou bien encore, dans un autre sens, le Sauveur nous enseigne à reconnaître grandement le bienfait de l'hospitalité, non seulement en donnant la paix à ceux qui nous reçoivent, mais en les délivrant de ces fautes de légèreté qui tiennent à notre nature terrestre et qui sont effacées par les pas des prédicateurs apostoliques auxquels on accorde l'hospitalité.
Eusèbe de Césarée
Comme il veut conquérir par eux tout le genre humain, il leur donne non seulement le pouvoir de chasser les esprits mauvais, mais encore de guérir en son nom toute espèce d'infirmité: «Et pour guérir les maladies».