Luc 9, 5
Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. »
Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. »
En témoignage pour eux. Afin que ce soit pour eux un témoignage que vous ne pouvez plus avoir rien de commun avec eux, puisqu’ils refusent d’embrasser la religion divine que vous prêchez.
La première recommandation concernait le départ ; elle inculquait aux Douze cette
grave et belle pensée : « La simplicité est pour le chrétien le meilleur viatique » (Clément d'Alex., Paedag.
2). La seconde, comprise dans ces deux versets, regarde leur séjour dans les localités où ils pénétraient pour
prêcher. - Dans quelque maison… Ces mots ne signifient pas que les envoyés de Jésus devaient demander
l'hospitalité aux premiers venus (cfr. Matth. 10, 11). Il faut entendre ici la première maison où la prudence
leur permettrait de s'établir. - Et n'en sortez pas. Le texte grec primitif dit au contraire « restez-y et
sortez-en ». Et pourtant la Vulgate a très bien traduit la pensée de Jésus, car la phrase grecque, prise dans son
entier, revient à dire : Faites de cette maison le centre de vos allées et venues dans la localité pour votre
ministère, et ne changez pas trop légèrement de domicile. Comp. 10, 7. Ce trait, ainsi arrangé, est une
particularité de S. Luc. - Et lorsqu'on ne vous aura pas reçus… L'hypothèse n'était nullement chimérique,
Jésus ayant alors des ennemis déclarés qui refuseraient certainement d'accueillir ses disciples, malgré le
caractère si hospitalier de l'Orient en général et des Juifs en particulier. Cfr. Schoettgen, Hor. Hebr., 108. - La
poussière même de vos pieds. Sur cette action symbolique, voyez l'Evang. selon S. Matth., p. 203.
Les Apôtres secouent la poussière de leurs pieds, en témoignage de leurs travaux apostoliques, et comme preuve qu'ils sont entrés dans cette ville pour y faire entendre la prédication de l'Évangile; ou bien encore, ils secouent la poussière de leurs pieds, comme un signe qu'ils n'ont rien reçu, pas même le nécessaire, de ceux qui méprisent l'Évangile.
Mais quant à ceux qui, par une négligence coupable ou de dessein prémédité, font mépris de la parole de Dieu, il faut éviter leur société, et en les quittant, secouer la poussière de ses pieds, dans la crainte que les pas de l'âme chaste ne viennent à être souillés par leurs actions pleines de vanité figurées par la poussière.
Au jugement du Sauveur, il est donc indigne d'un prédicateur du royaume des cieux, de courir de maison en maison, et de violer ainsi les droits sacrés de l'hospitalité. Mais de même qu'il sauvegarde les droits de l'hospitalité, de même aussi il ordonne à ses disciples, quand on refusera de les recevoir, de secouer la poussière de leurs pieds, en sortant de cette ville: «Lorsqu'on refusera de vous recevoir, en sortant de cette ville, secouez même la poussière de vos pieds en témoignage contre eux».