Luc 9, 48
et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
Leçon d'humilité,
motivée par l'étrange discussion qui s'était élevée naguère entre les Apôtres : ils s'étaient demandé lequel
d'entre eux était le plus grand. Une question de préséance, de vanité, les occupait en un pareil moment, alors
que la croix de Jésus était déjà dressée à l'horizon ! Mais voici que leur Maître leur rappelle les austères
pensées du Christianisme. - Il prit un enfant et le plaça auprès de lui. C'est l'un des traits les plus touchants
de l'Évangile. Il dut rendre l'argumentation du Sauveur tout à fait saisissante. Voyez dans S. Matthieu les
détails de cette argumentation. S. Luc l'abrège plus encore que S. Marc ; mais il en a bien conservé la
substance dans le double axiome du v. 48. - Quiconque reçoit cet enfant … Les petits et ceux qui leur
ressemblent, c'est-à-dire les humbles, sont ainsi élevés au rang le plus sublime. 2° Celui qui est le plus petit
entre vous… Conséquence du premier axiome, exprimée sous une forme paradoxale : devenez petits pour
être grands.
Le Sauveur veut ici apprendre à ceux qui veulent être les premiers à recevoir en son nom et par honneur pour lui les pauvres de Jésus-Christ, ou à imiter l'innocence des petits enfants (cf. 1 Co 14, 20). Aussi, après avoir dit: «Quiconque recevra cet enfant», il ajoute: «En mon nom», pour engager ses disciples à suivre, par raison et au nom de Jésus-Christ, ces exemples de vertu qu'un enfant pratique et donne naturellement. Mais comme c'est lui qu'on doit recevoir en recevant un enfant, et que lui-même a daigné se faire enfant pour nous, on aurait pu croire qu'il n'était que ce qu'il paraissait extérieurement, aussi ajoute-t-il: «Et quiconque me recevra, reçoit celui qui m'a envoyé». Ainsi il veut qu'on le croie tout à fait semblable et aussi grand qu'est son Père.
Le Seigneur, qui sait prendre les moyens les plus convenables pour nous sauver, voit naître dans l'esprit des disciples cette pensée d'orgueil comme une racine d'amertume (cf. He 12,5 ), il l'extirpe donc entièrement avant qu'elle se soit développée; car rien de plus facile que de triompher de nos passions lorsqu'elles ne font que de naître, mais lorsqu'elles ont pris de l'accroissement, il est on ne peut plus difficile de les détruire: «Mais Jésus, voyant les pensées de leur coeur», etc. - Que celui qui ne veut voir en Jésus-Christ qu'un homme, reconnaisse ici son erreur: le Verbe s'est fait chair, il est vrai, mais il n'a pas cessé d'être Dieu; car à Dieu seul, il appartient de sonder les coeurs et les reins. Il prend un enfant et le place près de lui, pour l'instruction des Apôtres et pour la nôtre; car la maladie de la vaine gloire s'attaque principalement à ceux qui ont quelque supériorité sur les autres hommes. Un enfant, au contraire, a l'âme candide, le coeur pur, une grande simplicité dans ses pensées; il n'ambitionne pas les honneurs, il ne recherche aucune distinction, il ne craint point de paraître inférieur aux autres, son esprit, comme son coeur sont exempts de toute rigoureuse exigence. Tels sont ceux que le Seigneur affectionne et chérit tendrement, qu'il daigne placer près de lui, parce qu'ils ont les inclinations et les goûts de son propre coeur. C'est lui qui nous dit en effet: «Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur». Et ici: «Quiconque recevra cet enfant en mon nom, me reçoit». Voici le sens de ces paroles: Puisqu'il n'y a qu'une seule et même récompense pour ceux qui honorent les saints, qu'ils soient petits aux yeux des hommes, ou qu'ils soient environnés d'honneur et de gloire, parce que c'est Jésus-Christ qu'on reçoit dans leur personne, quelle vanité de se disputer la prééminence !
Le Sauveur explique encore plus à fond le sens des paroles qui précèdent: «Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, est le plus grand», paroles qui conviennent à l'âme qui est humble, qui, par un profond sentiment de modestie, n'ose avoir aucune grande pensée d'elle-même. - Théophil. Notre-Seigneur venait de dire: «Celui qui est le plus petit parmi vous, est le plus grand», Jean craignit donc qu'ils ne se fussent rendus coupables en faisant en leur nom une défense formelle à un homme qui chassait les démons; car faire défense n'est pas un acte d'infériorité, mais le signe d'une autorité supérieure: «Jean, prenant la parole, lui dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse les démons en notre nom, et nous l'en avons empêché». Ce n'était point par un sentiment d'envie, mais parce qu'ils voulaient s'assurer de la nature et de l'authenticité de ces miracles. En effet, cet homme n'avait pas été revêtu, comme eux, du pouvoir d'opérer des prodiges; il n'avait pas reçu, comme eux, la mission divine, il ne marchait pas continuellement à la suite de Jésus-Christ, comme Jean l'affirme: «Il ne vous suit pas avec nous».
Il eût été plus raisonnable de penser que cet homme n'était pas l'auteur des miracles qu'on lui voyait opérer, mais la grâce divine qui agit dans celui qui fait des miracles au nom et par la puissance du Christ. Qu'importe que ceux qui ont reçu cette grâce de Jésus-Christ, ne sont point comptés parmi les Apôtres? Les dons du Christ sont très différents, mais comme le Sauveur avait spécialement donné aux Apôtres le pouvoir de chasser les esprits immondes ( Mt 10), ils s'imaginèrent que c'était un privilège qui leur était exclusivement personnel, et c'est pour cela qu'ils s'approchent de Notre-Seigneur pour lui demander si d'autres partageaient ce pouvoir avec eux.
En effet, lorsqu'il dit: «Celui qui n'est pas avec moi est contre moi», il veut faire connaître à ses disciples que le démon et les Juifs sont contre lui; mais ici, il veut leur apprendre que cet homme, qui chassait les démons au nom de Jésus-Christ, était en partie de leur côté.
En effet, celui qui reçoit un imitateur du Christ, reçoit le Christ lui-même; et celui qui reçoit l'image de la substance de Dieu, reçoit aussi Dieu lui-même. Mais comme nous ne pouvions voir l'image de Dieu, Dieu nous l'a rendue sensible et présente par l'incarnation du Verbe, pour nous réconcilier avec la divinité qui est au-dessus de nous.
Jean, le plus aimant des disciples, et pour cela le plus aimé, croit qu'on doit refuser ce pouvoir tout divin à celui qui n'est point le disciple fidèle de Jésus.
Sûr d'être protégé au jour du combat, le Christ fait aussi cette prière: Seigneur, n'accorde rien au pécheur à l'encontre de mon désir (cf. Ps 139,9). Lui qui a dit: Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé (Jn 6,38), est également pressé de réaliser la tâche entreprise par obéissance, non sans toutefois nous rappeler qu'il peut exercer librement sa volonté.
Il veut, en vérité, ce qu'a voulu le Père. Par ces paroles: Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé, Jésus montre, en effet, qui est celui qui l'a envoyé et à qui il obéit, sans pourtant supprimer son vouloir propre. Il aspire donc à accomplir toutes les volontés de son Père. Il s'empresse aussi de réaliser tout ce que lui-même désire voir accompli dans sa passion, de peur qu'un pécheur ne prenne les devants pour le déjouer.
Il a ardemment désiré (Lc 22,15) manger la Pâque avec ses disciples. Il a célébré à la hâte le repas de la Pâque. Désirant boire le calice de sa passion, il a dit: Est-ce que je vais refuser la coupe que mon Père m'a donné à boire (Jn 10,11)? Quand les hommes qui le cherchaient se présentèrent pour se saisir de lui et demandèrent qui était Jésus, il s'avança de lui-même. Sachant qu'il devait boire la coupe de vinaigre, il demanda à la boire et, aussitôt après y avoir bu et après avoir ainsi mené à bonne fin son grand dessein, il dit: Tout est accompli (Jn 19,30), mettant dans ces mots toute sa joie de voir réalisé ce qu'il désirait tellement.
Dans les psaumes, le Christ avait souvent prié pour que sa vie soit préservée du glaive. Il avait annoncé qu'aucun de ses os ne serait brisé. Il avait prédit que sa tunique serait tirée au sort (Ps 21).
Il prie pour que tout cela se réalise selon son désir, afin que l'on croie en l'accomplissement des prophéties. Il ne veut pas que les pécheurs aient la possibilité d'agir sur un de ces événements, ni d'empêcher la célébration de la Pâque si ardemment désirée, ou qu'ils n'osent pas lui présenter la coupe de sa passion. Car la première réponse que le Sauveur avait adressée aux pécheurs venus l'arrêter, les avait tous terrassés.
Il ne faut pas que manque le vinaigre qui doit lui être offert, que le soldat lui perce le côté avant qu'il ne rende l'esprit, ni qu'il trouve dans la lenteur de sa mort un motif pour lui briser les os.
Il veut qu'aucune prophétie ne soit retranchée, et que rien de ce qu'il attend ne soit laissé au bon plaisir du pécheur. Il veut que s'accomplissent en lui tous les événements annoncés dans les prophéties et que lui-même désire. Et il prie pour leur réalisation, non qu'ils puissent ne pas s'accomplir, mais afin que les hommes comprennent que ces prophéties le concernaient.
Il veut, en vérité, ce qu'a voulu le Père. Par ces paroles: Je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé, Jésus montre, en effet, qui est celui qui l'a envoyé et à qui il obéit, sans pourtant supprimer son vouloir propre. Il aspire donc à accomplir toutes les volontés de son Père. Il s'empresse aussi de réaliser tout ce que lui-même désire voir accompli dans sa passion, de peur qu'un pécheur ne prenne les devants pour le déjouer.
Il a ardemment désiré (Lc 22,15) manger la Pâque avec ses disciples. Il a célébré à la hâte le repas de la Pâque. Désirant boire le calice de sa passion, il a dit: Est-ce que je vais refuser la coupe que mon Père m'a donné à boire (Jn 10,11)? Quand les hommes qui le cherchaient se présentèrent pour se saisir de lui et demandèrent qui était Jésus, il s'avança de lui-même. Sachant qu'il devait boire la coupe de vinaigre, il demanda à la boire et, aussitôt après y avoir bu et après avoir ainsi mené à bonne fin son grand dessein, il dit: Tout est accompli (Jn 19,30), mettant dans ces mots toute sa joie de voir réalisé ce qu'il désirait tellement.
Dans les psaumes, le Christ avait souvent prié pour que sa vie soit préservée du glaive. Il avait annoncé qu'aucun de ses os ne serait brisé. Il avait prédit que sa tunique serait tirée au sort (Ps 21).
Il prie pour que tout cela se réalise selon son désir, afin que l'on croie en l'accomplissement des prophéties. Il ne veut pas que les pécheurs aient la possibilité d'agir sur un de ces événements, ni d'empêcher la célébration de la Pâque si ardemment désirée, ou qu'ils n'osent pas lui présenter la coupe de sa passion. Car la première réponse que le Sauveur avait adressée aux pécheurs venus l'arrêter, les avait tous terrassés.
Il ne faut pas que manque le vinaigre qui doit lui être offert, que le soldat lui perce le côté avant qu'il ne rende l'esprit, ni qu'il trouve dans la lenteur de sa mort un motif pour lui briser les os.
Il veut qu'aucune prophétie ne soit retranchée, et que rien de ce qu'il attend ne soit laissé au bon plaisir du pécheur. Il veut que s'accomplissent en lui tous les événements annoncés dans les prophéties et que lui-même désire. Et il prie pour leur réalisation, non qu'ils puissent ne pas s'accomplir, mais afin que les hommes comprennent que ces prophéties le concernaient.