Luc 9, 36
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
S. Luc abrège notablement
la fin du récit ; voyez dans les passages parallèles de S. Matthieu et de S. Marc les détails qu'il a condensés
en cet endroit. - Ils se tairent et ne dirent à personne. Répétition emphatique, pour mettre en relief le silence
gardé par les trois témoins privilégiés du miracle. Jésus leur avait du reste fortement prescrit de garder le
secret. - En ces jours-là représente, d'après S. Marc. 9, 8, le temps qui s'écoula jusqu'à la Résurrection de
Notre-Seigneur.
Ce qui doit son existence au Verbe prend également fin dans le Verbe, et Dieu nous apprend pat cette conduite que la loi et les prophètes ne devaient apparaître que, pour un temps, comme Moïse et Élie, dans la transfiguration, et qu'ils devaient ensuite disparaître pour laisser la place à Jésus seul; en effet, la loi a cessé d'exister pour faire place à l'Évangile, qui demeure éternellement.
Le Sauveur leur fit aussi cette recommandation, parce qu'il connaissait l'imperfection de ses disciples, qui n'avaient pas encore reçu la plénitude de l'Esprit saint, il ne voulait ni exposer aux sentiments d'une profonde tristesse ceux qui n'avaient pas été témoins de sa gloire, ni exciter contre lui la jalouse fureur de son traître disciple.
Il ne vous est pas avantageux, ô Pierre, que Jésus reste sur la montagne, car s'il y fut resté, la promesse qu'il vous a faite n'aurait pas eu son accomplissement, vous n'auriez pas reçu les clefs du royaume, et l'empire de la mort n'eût pas été détruit. Ne cherchez pas le bonheur avant le temps marqué, comme Adam, qui cherchait à devenir semblable à Dieu. Viendra un jour où vous contemplerez éternellement cette sublime vision, et où vous habiterez avec celui qui est la lumière et la vie.
Peut-être Pierre pensait-il que le temps du royaume de Dieu approchait, et c'est pourquoi il demande à rester sur la montagne.
Saint Luc, dit de Moïse et d'Élie: «Comme ils se séparaient de Jésus, Pierre lui dit: Maître, il nous est bon d'être ici», ce qui n'est nullement en contradiction avec le récit de saint Matthieu et de saint Marc, d'après lequel Pierre tint ce langage, alors que Moïse et Élie s'entretenaient encore avec le Seigneur, car ces deux Évangélistes ne se sont pas expliqués, mais ont gardé le silence sur ce que dit saint Luc, que Pierre parla ainsi, alors que Moïse et Élie se retiraient.
On peut encore entendre par ce sommeil, la grande stupeur dont cette vision frappa les Apôtres, car il n'était pas nuit, mais l'éclat de la lumière blessait la faiblesse de leurs yeux.
Cette nuée qui voile le Sauveur, a pour auteur l'Esprit saint, et loin de répandre les ténèbres sur les affections du coeur de l'homme, elle lui révèle les choses cachées.
Jésus ne veut point qu'on fasse connaître avant sa passion ces glorieuses manifestations:» Et ils se turent, et en ces jours-là ils ne dirent rien à personne de ce qu'ils avaient vu», car on eût été scandalisé (le peuple surtout), de voir crucifié celui que Dieu avait ainsi glorifié.