Luc 9, 3
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange.
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange.
Il était juste que Notre-Seigneur donnât aux Douze avant leur départ quelques
principes capables de diriger leur conduite dans ces circonstances toutes nouvelles pour eux. Il le fait dans
les vv. 3-5. Le résumé de cette instruction est qu'ils seront toujours « si vertueux, si constants et modestes, en
un mot, si célestes, que la doctrine évangélique ne sera pas moins propagée par leur manière de vivre que par
leur parole ». S. Grég. de Nazianze, in Cat. graec. Patr. - Ne portez rien en route est une injonction générale,
que Jésus développe ensuite par cinq traits spéciaux. - Il est intéressant de signaler les nuances qui existent
ici entre les synoptiques. D'après les trois récits, les Apôtres ne doivent emporter avec eux ni argent, ni sac de
voyage, ni tunique de rechange ; S. Marc et S. Luc ajoutent ni pain, détail omis par S. Matthieu. Dans le
premier et le troisième Évangile, Jésus interdit aux Douze d'avoir un bâton ; dans le second, il leur permet
d'en emporter un. S. Luc ne dit rien des chaussures ; S. Matthieu paraît indiquer qu'elles ne furent pas non plus autorisées par le Sauveur ; S. Marc nous montre les Apôtres munis de sandales. Voyez du reste notre
commentaire sur S. Matthieu, h. l.
Il les envoie donc comme des mendiants, avec défense de porter avec eux ni pain, ni aucune de ces choses dont tant d'autres ne peuvent se passer.
D'autres encore, croient que par cette recommandation faite aux Apôtres, de ne porter ni sac, ni bâton, ni deux tuniques, Notre-Seigneur veut leur faire entendre qu'ils ne doivent point thésauriser (ce que signifie le sac où l'on peut entasser des sommes considérables), qu'ils doivent maîtriser la colère et la violence (ce qui est figuré par le bâton), et fuir la dissimulation et la duplicité (que représentent les deux tuniques).
Ce précepte renferma it pour les disciples de nombreux avantages; premièrement, il les mettait à l'abri de tout soupçon; secondement, il les affranchissait de toute sollicitude, et leur laissait toute liberté pour la prédication; troisièmement, il les convainquait de sa propre puissance. On objectera, peut-être, que tous les autres commandements ont leur raison d'être, mais pourquoi leur commander de n'avoir en chemin ni sac, ni deux tuniques, ni bâton? C'est qu'il veut les former à la plus haute perfection, et faire pour ainsi dire de ses disciples, des anges, en les affranchissant de tous les soucis de la vie, pour ne leur laisser d'autre sollicitude que la prédication de sa doctrine.
En envoyant ses disciples prêcher l'Évangile, Notre-Seigneur leur fait un grand nombre de recommandations qui peuvent se résumer dans cette maxime générale, c'est que leur vertu, leur courage, leur humilité, leur vie toute céleste, doivent briller d'un si vif éclat, qu'ils servent à la propagation de l'Évangile, non moins puissamment que leurs prédications; c'est pour cela qu'il les envoie sans argent, sans bâton, et avec un seul vêtement: «Ne portez rien en route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent», etc.