Luc 9, 22

et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Louis-Claude Fillion
Il règne, touchant cette douloureuse prophétie de Jésus, une coïncidence frappante dans les trois récits. On conçoit que des paroles aussi inattendues se soient gravées en traits ineffaçables dans le cœur des Douze et, par suite, dans la catéchèse chrétienne. La description est tellement précise, qu'on la croirait composée après coup par un historien. Voyez l'explication des passages parallèles de S. Matthieu et de S. Marc. Le verbe grec correspondant à rejeté a une grande énergie (cfr. Bretschneider, Lex. Man. s. v. ) : sa traduction littérale serait « rejeté comme faux et nuisible ».
Saint Bède le Vénérable
Les disciples se trouvaient avec le Sauveur, mais nous le voyons seul prier son Père, parce que les saints peuvent bien être unis au Seigneur par les liens de la foi et de la charité, mais le Fils seul peut pénétrer les incompréhensibles secrets des conseils de Dieu. Il prie donc seul en toutes circonstances, parce que les prières de l'homme ne peuvent comprendre les desseins de Dieu, et que nul ne peut entrer en participation des sentiments les plus intimes de Jésus-Christ.

C'est dans un dessein plein de sagesse que le Sauveur avant d'éprouver la foi de ses disciples, leur demande ce que la foule pense de lui, car il veut que leur profession de foi ait pour fondement, non l'opinion de la multitude, mais la connaissance de la vérité, et qu'ils croient après avoir examiné, au lieu d'être comme Hérode, dans l'incertitude sur ce qu'ils auraient entendu dire.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Le Seigneur se sépare de la foule, et cherche la solitude pour se livrer à la prière: «Un jour qu'il priait seul dans un lieu solitaire», etc. Il se donnait ainsi comme exemple à ses disciples, et leur apprenait à se rendre facile la pratique de sa doctrine. C'est ainsi que les pasteurs des peuples doivent leur être supérieurs par l'éminence de leurs vertus, et leur donner l'exemple d'une application constante aux devoirs de leur ministère et aux oeuvres qui sont agréables à Dieu.

Remarquez l'extrême prudence de Pierre, qui confesse un seul Christ, condamnant ainsi ceux qui ont la témérité de diviser l'Emmanuel en deux Christs différents; car il ne leur demande pas: Qu'est le Verbe divin au jugement des hommes, mais: «Qui dit-on qui est le Fils de l'homme ?» Et c'est lui que Pierre confesse être le Fils de Dieu. C'est en cela qu'il est vraiment admirable, et qu'il a été jugé digne des plus grands honneurs, que d'avoir cru et proclamé le Christ du Père, celui qu'il contemplait dans une forme humaine, c'est-à-dire que le Verbe, engendré de la substance du Père, avait daigné se faire homme.

Il fallait donc que les disciples portassent son nom jusqu'aux extrémités de la terre, et cette oeuvre était réservée à ceux qu'il avait appelés à l'apostolat; mais, comme l'atteste l'Esprit saint, «il y a temps pour toute chose» ( Qo 3,1 ), et il fallait que la passion et la résurrection fussent accomplies, avant que les Apôtres prêchassent l'Évangile: «Il faut, disait-il, que le Fils de l'homme souffre beaucoup», etc.
Saint Augustin
On peut se demander comment saint Luc a pu dire que le Seigneur interrogea ses disciples sur ce que les hommes pensaient de lui, lorsqu'il était seul à prier, et qu'ils le suivaient, tandis que, d'après saint Marc, il les interrogea en chemin; mais cela ne peut faire difficulté que pour celui qui pense que le Sauveur n'a jamais prié chemin faisant.
Saint Jean Chrysostome
Le Sauveur a défendu à ses disciples de dire à personne qu'il était le Christ, pour une autre raison non moins pleine de sagesse. Il voulait qu'après avoir fait disparaître tout sujet de scandale et consommé le supplice de la croix, tous ceux qui entendraient la prédication évangélique, eussent de lui une idée juste, car les préjugés qu'on déracine et qu'on arrache tout d'abord, peuvent difficilement rentrer et obtenir créance dans le même esprit; mais ceux qu'on laisse se développer en toute liberté sans les arracher, croissent et s'enracinent avec une merveilleuse facilité; car si une simple allusion aux souffrances de Jésus-Christ suffit pour scandaliser Pierre, que serait-il arrivé au plus grand nombre, lorsque ayant appris qu'il était le Fils de Dieu, il l'aurait vu crucifié et couvert d'opprobres?
Saint Ambroise
Dans ce seul nom, en effet, se trouvent exprimées la divinité du Sauveur, son humanité et la foi en sa passion. Pierre a donc tout embrassé dans cette seule expression, la nature aussi bien que le nom qui est comme l'abrégé de ses perfections.

Peut-être aussi, Notre-Seigneur, qui savait toute la peine que ses disciples auraient à croire le mystère de sa passion et sa résurrection, voulut en être le premier prédicateur.