Luc 9, 20

Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »

Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »
Louis-Claude Fillion
« Ah ! Que de grandeur dans ce Vous ! Il les distingue de la foule, afin qu'ils en évitent les opinions ; comme s'il disait : Vous qui, par mon choix, avez été appelés à l'apostolat ; vous, les témoins de mes miracles, qui dites-vous que je suis » ? S. Cyrille, Cat. Graec. Patr. - « S. Pierre s'élance en avant poussé par l'ardeur de sa foi » (S. Jean Chrysostome). Les termes de la confession de S. Pierre varient dans les trois synoptiques. S. Matthieu a conservé la formule complète de ce bel acte de foi : « Tu est le Christ, le fils du Dieu vivant ». La rédaction de S. Marc est la plus condensée : « Tu es le Christ ». Celle de S. Luc tient le milieu entre les deux autres. Au fond ils expriment tous clairement la même pensée. Le titre « Christ de Dieu » avait déjà fait une première apparition dans notre Évangile, 2, 26. - Voyez dans S. Matthieu, 16, 17-19, les magnifiques promesses que S. Pierre reçut de Jésus en échange de sa noble confession.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Mais voyez quelle sagesse dans cette question; le Sauveur reporta d'abord leurs pensées sur les témoignages extérieurs que le peuple lui rendait, pour en détruire l'impression dans leur esprit, et leur donner une juste idée de sa personne divine. Voilà pourquoi il demande à ses disciples qui lui rapportent l'opinion du peuple, quel est leur propre sentiment: «Et vous, leur demanda-t-il, que dites-vous que je suis ?» Quelle glorieuse distinction dans ce mot: «Et vous !» Il les sépare de la foule pour leur en faire éviter les préjugés, comme s'il leur disait: Vous, que j'ai appelés à l'apostolat par un choix tout particulier, vous, les témoins de mes miracles, que dites-vous que je suis? Pierre prévient tous les autres, il devient l'organe de tout le collège apostolique, il révèle les sentiments d'amour dont son coeur déborde, et proclame sa confession de foi: «Simon Pierre répondit: Le Christ de Dieu». Il ne dit pas simplement: «Christ de Dieu», mais avec l'article, «le Christ de Dieu», par excellence, c'est pourquoi nous lisons dans le grec, ôïí Xñéóôïí; il en est un grand nombre, en effet, qui, ayant reçu l'onction de Dieu, ont été appelés Christs sous divers rapports, les uns ayant reçu l'onction royale, les autres l'onction prophétique (cf. 2M 1,10 1Ch 16,2 , etc) .. Nous-mêmes, en vertu de l'onction du Saint-Esprit qui nous a été donnée par Jésus-Christ, nous avons reçu le nom de Christs, mais il n'y en a vraiment qu'un seul qui soit le Christ de Dieu et du Père, parce qu'il est le seul qui, dans un sens véritable ait pour Père celui qui est dans les cieux. Ainsi expliquées, les paroles que saint Luc met dans la bouche du prince des Apôtres, s'accordent avec celles que lui prête saint Matthieu: «Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant». Saint Luc n'a fait qu'abréger ces paroles, en lui faisant dire: «Le Christ de Dieu».