Luc 8, 56
Ses parents furent frappés de stupeur ; quant à Jésus, il leur commanda de ne dire à personne ce qui était arrivé.
Ses parents furent frappés de stupeur ; quant à Jésus, il leur commanda de ne dire à personne ce qui était arrivé.
On conçoit que les parents de la ressuscitée fussent hors d'eux-mêmes ; mais,
tout d'abord, on comprend moins l'injonction suivante du Sauveur, ne dire à personne… Elle devient
néanmoins facilement explicable, de même que les précautions prises préalablement par Jésus pour écarter la
foule, v. 51, si l'on se rappelle que l'enthousiasme des Galiléens était alors très surexcité, et que
Notre-Seigneur voulait autant que possible éviter tout éclat. Sans doute il ne pouvait empêcher le miracle
d'être connu (cfr. Matth. 8, 26). Du moins, en laissant s'écouler peu à peu la multitude qui s'était rassemblée à
la porte de Jaïre, il échappa à une ovation populaire, et son but principal fut ainsi atteint. Terminons
l'explication de ces deux prodiges par une réflexion très exacte de M. van Oosterzee, Das Evang. nach
Lukas, 3è édit. p. 137 : « La présente narration porte presque sur chacun de ses traits le sceau de la vérité, de
la simplicité, de la sublimité. Cette angoisse du père et cette timidité de la femme, cette agitation du peuple et
ce calme de Notre-Seigneur, cet étonnement des disciples et la réponse si précise du Maître : Quelqu'un ma
touché, ce rire de l'incrédulité à côté des transports de la douleur, cette majesté pour manifester sa puissance
miraculeuse et cette sollicitude à la dissimuler : tout cela forme un ensemble tellement inimitable, qu'on peut
y saisir en quelque sorte la vérité à pleines mains ».
Dans le sens mystique, à peine cette femme malade d'une perte de sang, est-elle guérie, qu'on vient annoncer à Jésus la mort de la fille du chef de la synagogue. C'est qu'en effet, lorsque l'Église fut purifiée des souillures de ses vices, la synagogue expira aussitôt victime de son infidélité et de sa noire envie; de son infidélité parce qu'elle refuse de croire en Jésus-Christ, de jalousie, parce qu'elle s'attrista de voir l'Église embrasser la foi.
Que saint Matthieu raconte que le chef de la synagogue annonce au Seigneur, non que sa fille allait mourir, mais qu'elle était morte, tandis que saint Luc et saint Marc rapportent qu'elle n'était pas encore morte, tellement qu'ils ajoutent qu'on vint ensuite annoncer sa mort, il n'y a ici aucune contradiction. Saint Matthieu, pour abréger, a voulu dire tout d'abord, que le Seigneur fut prié de faire ce qu'il fit en réalité, c'est-à-dire, de ressusciter cette jeune fille qui était morte; il a donc moins égard aux paroles du père, qu'à son désir et à sa volonté, ce qui est beaucoup plus important, sans doute. Si les deux autres Évangélistes, ou l'un d'eux seulement avait mis dans la bouche du père le langage de ceux qui vinrent de chez lui, c'est-à-dire, qu'il ne fallait pas davantage tourmenter Jésus, parce que la jeune fille était morte; les paroles que lui prête saint Matthieu, seraient en opposition avec sa pensée, mais on ne lit nullement que le père se soit joint aux envoyés pour empêcher le divin Maître de venir. Aussi Notre-Seigneur, sans lui reprocher son manque de confiance, affermit au contraire sa foi et la rend inébranlable: «Jésus, ayant entendu cette parole, dit au père de la jeune fille: Croyez seulement et elle sera sauvée».
Sévère d'Antioche. Les parents de cette jeune fille sont plongés dans la stupeur et prêts à pousser des exclamations d'étonnement et de joie; Jésus les contient: «Son père et sa mère étaient hors d'eux-mêmes d'étonnement, et il leur commanda de ne dire à personne ce qui était arrivé».Il montre ainsi qu'il est l'auteur et la source de tous les biens, qu'il les répand sans aucune recherche personnelle, et qu'il donne tout sans rien recevoir. Celui, au contraire, qui poursuit avec empressement la vaine gloire dans ses bonnes oeuvres, donne, il est vrai d'un côté, mais pour recevoir de l'autre.
Le Seigneur prend la main de la jeune fille pour la rappeler à la vie; heureux celui que la sagesse prend ainsi par la main pour l'introduire dans sa maison, et commander qu'on lui donne à manger ! Car le Verbe de Dieu est vraiment le pain descendu du ciel, aussi entendez la Sagesse qui a multiplié sur les autels le corps et le sang d'un Dieu pour être notre nourriture, vous dire: «Venez, mangez le pain que je vous donne, et buvez le vin que je vous ai préparé». ( Pv 9).