Luc 8, 16

Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière.

Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière.
Louis-Claude Fillion
Ces petites lampes à poignée, faites d'argile ou d'airain, ont été de tout temps usitées dans les contrées orientales. Quand on veut se passer momentanément de leur lumière, on peut aisément les placer sous un vase de quelque dimension, ou sous les divans, hauts d'un ou de deux pieds, qui servent pour les repas. Le recueil de Wetstein cite plusieurs passages des classiques qui font allusion à cette coutume : « Il a caché le poignard dans le coussin, et dissimulé la lampe sous le boisseau », Fulgentius, Myth. 3, c. 6. « Si la lumière a été couverte par quelque chose », Servius in Ǽn. 6, 724 ; etc. Au lieu de vase, S. Marc a boisseau, comme Fulgence. - Afin que ceux qui entrent voient la lumière est une particularité de notre évangéliste. La rédaction de ce verset a d'ailleurs le mérite d'être la plus vivante.
Saint Bède le Vénérable
Notre-Seigneur venait de dire aux Apôtres: «Pour vous, il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu; mais pour les autres, il leur est proposé en paraboles», il leur apprend maintenant qu'ils doivent un jour révéler ce même mystère aux autres: «Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d'un vase ou ne la met sous un lit»,etc.
Saint Jean Chrysostome
En leur parlant de la sorte, le Sauveur exhorte ses disciples à une sainte exactitude pour tous les devoirs de la vie, il veut qu'ils soient pleins de courage comme des hommes exposés aux regards de tous, et qui combattent au milieu du monde comme sur un théâtre; ne considérez pas, semble-t-il leur dire, que nous n'habitons qu'une faible partie de l'espace, vous serez connus de tous les hommes, parce qu'il est impossible qu'une si grande vertu demeure cachée. - S. Max. Ou bien encore, c'est lui-même que le Seigneur veut désigner par cette lampe qui brille aux yeux des habitants de la maison, c'est-à-dire, du monde, puisqu'il est Dieu par nature, et qu'il s'est fait chair par une économie toute divine, et c'est ainsi que, semblable à la lumière d'une lampe, il est retenu par l'intermédiaire de son âme dans la terre de sa chair, comme la lumière est retenue par la mèche dans le vase de terre d'une lampe. Le chandelier, c'est l'Église, sur laquelle la parole divine brille de tout son éclat, et la remplit comme une maison des rayons de la vérité. Or il compare le culte matériel de la loi à un vase ou à un lit sous lequel il ne veut point rester caché.
Origène
Ceux qui, dans cette lampe veulent voir la figure des disciples plus parfaits de Jésus-Christ, rendent leur interprétation plausible, parce que l'Évangile dit de Jean-Baptiste, qu'il était une lumière ardent e et luisante ( Jn 5). Que celui donc qui allume dans son âme cette lampe spirituelle, ne la cache ni sous un lit destiné au repos, ni sous un vase quelconque; agir de la sorte, c'est ne prendre aucun soin de ceux qui entrent dans la maison, et pour lesquels cette lampe est préparée; il faut donc placer cette lumière surie chandelier, c'est-à-dire, sur toute l'Église.