Luc 7, 35

Mais, par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste. »

Mais, par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste. »
Louis-Claude Fillion
Cependant, Jésus est heureux de l'ajouter, tous les yeux ne s'étaient pas fermés à la lumière, ni tous les cœurs à la grâce. Les « fils de la sagesse » (hébraïsme pour désigner ceux d'entre les Juifs qui s'étaient convertis à la voix du Précurseur ou du divin Maître) avaient reconnu leur mère soit sous les traits austères de Jean-Baptiste, soit sous l'extérieur si suave de Jésus, et ils l'avaient honorée de leur mieux par leurs actes, la vengeant ainsi des accusations que lançait contre elle un monde réprouvé.
Saint Bède le Vénérable
La génération présente des Juifs est comparée à des enfants, parce qu'ils avaient autrefois pour docteurs les prophètes dont il est écrit: «Vous avez tiré la louange la plus parfaite de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle ( Ps 8,3 ) ».
Saint Cyrille d'Alexandrie
Ils osent incriminer un homme digne de toute leur admiration, et ils traitent de possédé celui qui mortifiait la loi du péché cachée dans nos membres.
Saint Augustin
Les paroles qui précèdent: «Nous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé», sont une allusion à Notre-Seigneur lui-même, qui, en adoptant la manière de vivre ordinaire des hommes avec lesquels il mangeait et buvait, était la figure de la joie du royaume: «Le Fils de l'homme est venu mangeant et buvant», etc.

Notre-Seigneur fait ici allusion à la conduite dès Juifs à l'égard de Jean-Baptiste et de Jésus-Christ: «Ces paroles: Nous nous sommes lamentés et vous n'avez point pleuré», se rapportent à la prédication de Jean-Baptiste, qui, par l'austérité de sa manière de vivre, figurait la tristesse de la pénitence; aussi Notre-Seigneur ajoute: «Car Jean-Baptiste est venu ne mangeant point de pain et ne buvant point de vin», et vous dites: «Il est possédé du démon».

Ou bien encore, ces paroles: «La sagesse a été justifiée par tous ses enfants», nous font entendre que les fils de la sagesse comprennent que la justice ne consiste ni à se permettre, ni à s'interdire la nourriture, mais à supporter la pauvreté avec patience, car ce n'est point l'usage modéré, mais la sensualité qui est ici coupable, et rien de plus légitime que de se conformer pour le choix des aliments aux habitudes de ceux avec lesquels vous êtes appelé à vivre.
Tite de Bostra
Jésus-Christ, en effet, n'a point voulu s'interdire l'usage de ces aliments pour ôter tout prétexte aux hérétiques (cf. 1Tm 4,1-4 ), qui disent que les créatures sont mauvaises et qui condamnent l'usage des viandes et du vin.
Saint Ambroise
Il dit avec raison: «Par tous ses enfants», car la justice doit s'exercer sur tous les hommes, sur les justes, pour leur salut, sur les infidèles pour leur condamnation.

Dieu est justifié dans le baptême, lorsque les hommes se justifient eux-mêmes en confessant leurs péchés. En effet, celui qui, après avoir péché, confesse à Dieu ses fautes, justifie Dieu, en se soumettant au pouvoir de ce vainqueur, et en espérant de lui la grâce du salut.

Gardons-nous de mépriser, à l'exemple des pharisiens, le conseil de Dieu. Ce conseil de Dieu s'est manifesté dans le baptême de Jean-Baptiste, qui donc peut douter qu'il se manifeste également dans le baptême de Jésus-Christ? C'est le conseil dont l'ange du grand conseil est l'auteur, et que personne ne connaît: «Car qui connaît les desseins de Dieu ( Rm 11,34 ) ?» Personne ne méprise le conseil d'un homme, qui oserait rejeter le conseil de Dieu.

Le Fils de Dieu est la sagesse de Dieu par nature et non par le progrès de l'âge ou de l'étude; cette sagesse est justifiée dans le baptême, lorsqu'elle n'est pas rejetée par opiniâtreté, mais qu'elle est reçue par la justice comme une grâce de Dieu. La justification de Dieu consiste donc à ce que ses dons soient communiqués, non à ceux qui s'en rendent indignes par leurs crimes, mais à ceux qui sont devenus justes et saints par le baptême.