Luc 7, 34
Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.”
Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.”
Le Royaume de Dieu est destiné à tous les hommes, car tous sont appelés à en être les membres. Pour souligner cet aspect, Jésus s'est fait proche surtout de ceux qui étaient en marge de la société, leur accordant sa préférence, lorsqu'il annonçait la Bonne Nouvelle. Au début de son ministère, il proclame qu'il a été envoyé pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres (cf. Lc 4, 18). A tous les rejetés et à tous les méprisés, il déclare: « Heureux, vous les pauvres » (Lc 6, 20); de plus, il amène ces marginaux à vivre déjà une expérience de libération: il demeure avec eux, il va manger avec eux (cf. Lc 5, 30; 15, 2), il les traite comme des égaux et des amis (cf. Lc 7, 34), il leur fait sentir qu'ils sont aimés de Dieu et révèle ainsi l'immense tendresse de Dieu envers les plus démunis et les pécheurs (cf. Lc 15, 1-32).
« Saint Luc, par des additions spéciales, jeta une nouvelle lumière sur certains points généraux
que Matthieu avait comme laissés dans l’ombre », S. Ambroise. Les mots pain et vin comptent en première
ligne parmi ces heureuses additions : ils rectifient ce que la rédaction de S. Matthieu, « il ne mange pas, il ne
boit pas » paraissait avoir d'exagéré et d'inexact. - Jésus applique maintenant sa comparaison, en prouvant
par des faits incontestables que la génération juive contemporaine ressemblait au premier groupe des enfants
mentionnés plus haut (voir dans l'Evang. selon S. Matth., p. 226, la manière dont on justifie cette
application). C'est en vain que la Sagesse divine a recouru à tous les moyens pour convertir ces Juifs
endurcis, essayant de les gagner tantôt par la prédication sévère et la vie mortifiée du Précurseur, tantôt par
les doux appels et les exemples plus accessibles de Jésus. Ces âmes rebelles à la grâce n'ont jamais été
satisfaites. Jean-Baptiste leur a paru trop austère, et Jésus trop semblable aux autres hommes. Elles se sont
plaintes du premier parce qu'il n'a pas voulu mêler sa voix à leurs joyeuses mélodies, du second parce qu'il a
refusé de prendre comme elles un ton lamentable et lugubre. Après tout, c'est à elles seules qu'elles devront
s'en prendre lorsque viendront les châtiments divins, puisqu'elles ont rejeté successivement, sous les plus
futiles prétextes, les divers ambassadeurs de Jéhova.
Notre-Seigneur ne se contente pas de lui accorder la rémission de ses péchés, il ajoute la grâce de faire le bien: «Allez en paix» (c'est-à-dire dans la justice); car la justice est la paix de l'homme avec Dieu, comme le péché est la guerre entre Dieu et l'homme; ce qui revient à dire: Faites tout ce qui peut vous conduire à la paix de Dieu,
Mais où ont-ils donc trouvé que le Seigneur était un homme de bonne chère? Ne voyons-nous pas au contraire qu'en toute circonstance il se garde de tout excès et conseille la tempérance et la modération? Il ne dédaignait pas, il est vrai, d'entrer en relations avec les publicains et les pécheurs, aussi l'accusaient-ils d'être «l'ami des publicains et des pécheurs», bien que cette fréquentation ne pût lui être aucunement nuisible, mais qu'elle devint, au contraire, pour les pécheurs la cause de leur conversion et de leur salut. En effet, est-ce que le soleil qui inonde toute la terre de ses rayons, contracte la moindre souillure, parce que sa lumière pénètre les corps immondes? Comment donc le soleil de justice pourrait-il éprouver la moindre altération dans ses rapports avec les méchants. Cependant gardons-nous tous, qui que nous soyons, de prétendre aux mêmes privilèges que Jésus-Christ, mais à la vue de notre propre fragilité, évitons le commerce des méchants, car les mauvaises conversations corrompent les bonnes moeurs ( 1Co 15,33 ).
Il appelle les sages les fils de la sagesse, car c'est la coutume de l'Écriture, de désigner les méchants par le mal qu'ils commettent, et d'appeler les bons, fils de la vertu qui les caractérise.