Luc 7, 32
Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré.”
Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré.”
Voyez l'Evang. selon S. Matthieu, p. 225 et s. Les
deux rédactions diffèrent à peine l'une de l'autre. - Il s'agit donc de deux groupes d'enfants réunis sur la place
publique à l'heure de la récréation. Avec l'esprit d'imitation qui caractérise cet âge, ils essaient de mimer dans
leurs jeux d'abord une scène de mariage, puis des funérailles. Du moins c'est ce que voudrait le premier
groupe, qui s'est mis alternativement à chanter des airs gais et des airs lugubres : mais le second groupe,
auquel on offrait ainsi le choix entre les jeux tristes ou joyeux, a refusé obstinément son concours, ce qui lui
attire les reproches des autres enfants. Cfr. Vorstius, de Adag. N. T., c. 11. Avec quelle dignité Notre-Seigneur
expose, et avec quelle grâce il relève ces détails empruntés à ce que la vie humaine a de plus familier !
L'Orient moderne en offre d'ailleurs chaque jour la réalisation. « Sur les places publiques du Levant, vous
pourriez souvent voir quelque enfant jouant de la flûte, tandis que ses petits camarades dansent à ses côtés.
Souvent aussi nous avons vu passer des convois funèbres où plusieurs personnes poussaient des cris
lamentables, tandis que d'autres leur répondaient en mesure sur le même ton. » Prof. Jacobus, Notes on the
Gospels, t. 2, p. 184.
Or, les prophètes ont chanté, proclamant dans leurs mélodies spirituelles les oracles du salut du monde; ils ont pleuré pour attendrir par leurs plaintives lamentations les coeurs endurcis des Juifs. Ce n'était ni dans le Forum, ni sur les places publiques que ces chants se faisaient entendre, mais dans la ville de Jérusalem, car cette ville est comme le Forum du Seigneur, où se publient les droits immuables des commandements célestes. Les chants et les lamentations ne sont que l'effet d'une émotion vive de joie et de tristesse. Les instruments de musique laissent échapper une mélodie sympathique qui porte l'homme à manifester les sentiments intérieurs qu'elle fait naître par le mouvement cadencé de son pied ou de tout son corps; voilà pourquoi ces enfants disent: «Nous avons chanté et vous n'avez pas dansé»; «nous nous sommes lamentés et vous n'avez point pleuré».