Luc 6, 2

Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? »

Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? »
Louis-Claude Fillion
Quelques uns des Pharisiens : expression plus précise que le « les Pharisiens » des deux autres évangélistes. Le frugal repas des disciples fut donc bientôt interrompu par la malignité pharisaïque. Vous violez le sabbat, leur crièrent rudement ces puritains du Judaïsme. Les amis de Jésus arrachaient des épis, puis ils les frottaient entre leurs mains : c'étaient là deux violations énormes du repos sabbatique, le premier acte étant, au dire des Rabbins, analogue à celui des moissonneurs, le second identique au battage du blé ! Voyez l'Evang. selon S. Matth., p. 236 et ss. Il est à noter que, d'après S. Luc, les Pharisiens s'adressent directement aux disciples, tandis que, suivant S. Matthieu et S. Marc, ils auraient interpellé le Sauveur lui-même. Le Vén. Bède indiquait déjà le vrai moyen de concilier les récits. « Les uns (Matthieu et Marc) disent que c’est au Seigneur lui-même que ces objections ont été faites, mais par des personnes différentes. C’est autant au Seigneur qu’aux disciples que des objections ont pu être faites ».
Saint Théophylacte d'Ohrid
C'était, dit l'Évangéliste, le sabbat second-premier, parce que les Juifs donnaient le nom de sabbat à toutes les fêtes. En effet, le mot sabbat signifie repos. Or, il arrivait souvent qu'une fête tombait la veille du sabbat, et on appelait ce jour sabbat à cause de la fête; puis alors le véritable jour du sabbat était appelé second-premier, comme étant le second après la fête qui avait précédé.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Les pharisiens et les scribes, dans leur ignorance des saintes Écritures, conspiraient entre eux pour accuser les disciples de Jésus-Christ: «Alors quelques-uns des pharisiens leur dirent: Pourquoi faites-vous ce q u'il n'est pas permis de faire ?» etc. Mais dites-moi vous-mêmes, lorsque la table est servie devant vous le jour du sabbat, hésitez-vous à rompre le pain? Pourquoi donc reprenez-vous les autres?
Saint Ambroise
Les Juifs croyaient que c'était là une action défendue le jour du sabbat; mais Jésus-Christ, en venant apporter le bienfait inestimable de la grâce nouvelle, voulait désigner à la fois le repos de la loi et le travail de la grâce. C'est dans un dessein tout particulier que saint Luc appelle ce jour le sabbat second-premier, et non premier-second, parce qu'en effet, le sabbat établi par la loi, qui était le premier, est supprimé, et celui qui était le second par ordre de temps est devenu le premier. Il est donc appelé second par ordre de temps, et premier, à cause de l'excellence de l'opération de la grâce; car le sabbat qui délivre du châtiment est supérieur à celui qui prescrit la punition. Ou encore, ce sabbat est le premier dans les desseins éternels de Dieu, et le second par ordre d'institution. David, qui fuit avec ses compagnons, est dans la loi la figure de Jésus-Christ qui se dérobe avec ses disciples à la connaissance et aux poursuites du prince du monde. Mais pourquoi ce fidèle observateur et ce zélé défenseur de la loi mange-t-il lui-même de ces pains, et en donne-t-il à ceux qui étaient avec lui (alors que les prêtres seuls pouvaient en manger) ? C'était pour nous montrer par cette action, que la nourriture réservée jusqu'alors aux prêtres, deviendrait la nourriture des peuples, ou bien que tous nous devions imiter les vertus de la vie sacerdotale, ou enfin que tous les enfants de l'Église sont de véritables prêtres. En effet, nous recevons l'onction sainte qui nous consacre prêtres pour nous offrir nous-mêmes à Dieu comme des hosties spirituelles. ( 1P 2,5 )