Luc 5, 5
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Dans sa réponse, Simon nous apparaît déjà sous les
traits de l'homme de foi, du partisan dévoué de Jésus, que nous révélera de plus en plus la suite de l'histoire
évangélique. Le titre de maître qu'il donne à Notre-Seigneur remplace habituellement dans le troisième
Évangile l'expression hébraïque Rabbi. - Nous avons travaillé toute la nuit. La nuit a toujours été regardée
comme plus propice que le jour aux travaux des pêcheurs. Comp. Tristram, Natural History of the Bible, 5è
édit., p. 289. - Sans rien prendre. S. Pierre insinuait délicatement par là qu'il était peu probable qu'une
nouvelle tentative réussît mieux en plein jour. Néanmoins, ajouta-t-il d'un ton décidé, la parole de Jésus serait
pour lui un ordre auquel il voulait immédiatement obéir, persuadé que cette fois il ne travaillerait pas en vain.
Remarquez l'emploi du pronom Je : Simon parle comme le chef de l'expédition.
Dans le sens allégorique, la barque de Pierre qui, selon saint Matthieu, est agitée par les flots, et qui, selon saint Luc, est remplie de poissons, figure l'Église jouet des flots à son origine, et dans la suite, se réjouissant de la multitude innombrable de ses enfants. La barque qui porte Pierre n'est point agitée, mais celle qui portait Judas est ballottée par les flots. Pierre, il est vrai, se trouvait dans ces deux barques, mais bien qu'il demeurât ferme dans la conscience de son innocence personnelle, il était cependant agité par suite des crimes d'un autre. Gardons-nous donc de toute société avec les traîtres, il n'en faut qu'un seul pour nous jeter dans l'agitation et le trouble. Là où la foi est faible, il y a nécessairement trouble, là, au contraire, où la charité est parfaite, il y a pleine et entière sécurité. Remarquez enfin que si Notre-Seigneur commande à tous les disciples de jeter leurs filets, c'est à Pierre seul qu'il dit: «Avance en pleine mer»,c'est-à-dire dans la profondeur des controverses. Qu'y a-t-il de plus profond que la connaissance du Fils de Dieu? Mais quels sont ces filets qu'il commande aux Apôtres de jeter, sinon les réseaux des paroles, les détours des discussions et les profondes sinuosités des discours, qui ne laissent point échapper ceux qu'ils ont pris? Les instruments dont se servent les Apôtres pour cette pèche spirituelle sont justement comparés à des filets qui ne tuent point ceux qu'ils prennent, mais les tiennent en réserve, et qui les retirent des flots agités, pour les transporter jusque dans les cieux. Pierre dit à Jésus: « Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre », parce que ce n'est point ici l'oeuvre de l'éloquence humaine, mais un don de la vocation céleste. Aussi ceux dont les efforts avaient été jusque là infructueux, prennent, sur la parole du Seigneur, une grande quantité de poissons.