Luc 5, 3
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
La barque de Pierre où Jésus enseigne est la figure de l’Eglise ; là où est Pierre, le Christ instruit les peuples.
Troisième
scène admirablement retracée : Jésus monte dans la barque de Pierre, et de cette chaire d'un nouveau genre, il
enseigne la foule qui se tenait sur le rivage. Plus tard encore, quand il exposera les paraboles du royaume des
cieux, Notre-Seigneur aura recours à cette chaire gracieuse. Comp. Matth. 13, 2 : Marc. 4, 1.
Voyez l'humilité de Jésus-Christ, qui s'abaisse jusqu'à prier Pierre, et la soumission de Pierre, qui obéit en toutes choses à son divin Maître.
Dans le sens allégorique, ces deux barques figurent les Juifs et les Gentils. Le Seigneur les voit toutes deux, parce qu'il connaît dans chaque peuple ceux qui sont à lui, et en les voyant près du rivage, c'est-à-dire en les visitant dans sa miséricorde, il les conduit au port tranquille de la vie éternelle. Les pêcheurs sont les docteurs de l'Église qui nous prennent dans les filets de la foi, et nous amènent au rivage de la terre des vivants. Ces filets, tantôt les pêcheurs les jettent pour pêcher, tantôt ils les plient après les avoir lavés, parce qu'en effet, tous les temps ne sont pas également propres à la prédication, et que le docteur doit tantôt se livrer à l'enseignement, tantôt s'occuper de lui-même, et prendre soin de son âme. La barque de Simon, c'est l'Église primitive dont saint Paul a dit: « Celui qui a opéré en Pierre pour l'apostolat de la circoncision ». ( Ga 2). Notre-Seigneur monte dans une seule de ces barques, parce que la multitude de ceux qui croyaient n'avait qu'un coeur et qu'une âme ( Ac 4).
De cette barque, il enseignait la foule, car c'est par l'autorité de l'Église que Pierre instruit les nations. Le Seigneur, en montant dans cette barque, prie son disciple de s'éloigner un peu de la terre, pour nous apprendre qu'il faut parler au peuple un langage plein de modération et de réserve, il ne faut pas lui prêcher une doctrine terrestre, mais il faut se garder également de trop l'éloigner de la terre pour le jeter dans les profondeurs insondables des mystères. Cette circonstance peut encore signifier qu'il faut d'abord prêcher l'Évangile aux peuples des pays voisins, de même que bientôt il dira: « Avancez en pleine mer », c'est-à-dire prêchez aux nations plus éloignées.
Après avoir opéré un grand nombre de miracles, il enseigne de nouveau sa doctrine, et tout en étant sur la mer, il prêche ceux qui sont sur la terre: « Et étant assis, il enseignait le peuple de dessus la barque ».
C'était un signe que les pécheurs se reposaient. Selon saint Matthieu, Jésus les trouva raccommodant leurs filets; car ils étaient si pauvres qu'ils étaient obligés de réparer leurs filets déchirés, dans l'impossibilité d'en avoir de nouveaux. Il monte dans une barque pour rassembler convenablement toute la multitude, de manière que personne ne fût derrière lui, mais que tous puissent le voir en face: « Montant dans une des barques qui appartenaient à Simon, il le pria »,etc.
Il se montre plein de condescendance pour tous, afin de tirer le poisson de l'abîme, c'est-à-dire l'homme qui nage pour ainsi dire au milieu des choses inconstantes et mobiles, et parmi les violentes tempêtes de cette vie.