Luc 5, 16

Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.

Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.
Catéchisme de l'Église catholique
Jésus se retire souvent à l’écart, dans la solitude, sur la montagne, de préférence de nuit, pour prier (cf. Mc 1, 35 ; 6, 46 ; Lc 5, 16). Il porte les hommes dans sa prière, puisque aussi bien il assume l’humanité en son Incarnation, et il les offre au Père en s’offrant lui-même. Lui, le Verbe qui a " assumé la chair ", participe dans sa prière humaine à tout ce que vivent " ses frères " (He 2, 12) ; il compatit à leurs faiblesses pour les en délivrer (cf. He 2, 15 ; 4, 15). C’est pour cela que le Père l’a envoyé. Ses paroles et ses œuvres apparaissent alors comme la manifestation visible de sa prière " dans le secret ".
Louis-Claude Fillion
Il se retirait : la tournure grecque correspondrait à il était en retraite, et désigne mieux les habitudes de retraite adoptées par Notre-Seigneur tant que dura l'effervescence populaire qu'avait excitée la guérison du lépreux. - Et il priait. Voyez, sur ce détail caractéristique du troisième Évangile, 3, 21 et l'explication. Quand Jésus était empêché de se livrer à la prédication, qui était alors son œuvre par excellence, il se retirait dans les solitudes qui avoisinent le lac, et il y passait de longues heures à prier.
Saint Théophylacte d'Ohrid
En effet, sa chair sacrée purifie et donne la vie, parce qu'elle est la chair du Verbe de Dieu.

Remarquez encore que celui qui est purifié devient digne de présenter à Dieu son offrande, c'est-à-dire le corps et le sang du Seigneur, qui sont unis à la nature divine.
Saint Grégoire le Grand
Notre divin Rédempteur consacre le jour à opérer des miracles dans les villes, et il passe les nuits dans le saint exercice de la prière: «Et il se retirait dans la solitude, et priait». Il enseignait ainsi aux prédicateurs qui tendent à la perfection à ne pas renoncer entièrement à la vie active par un trop grand amour de la vie contemplative; comme aussi à ne pas sacrifier les joies de la contemplation aux occupations absorbantes de la vie active, mais à puiser dans le calme de la contemplation les vérités qu'ils verseront ensuite dans les âmes lorsqu'ils travailleront au salut du prochain.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Il savait que la lèpre dont il était couvert ne pouvait être guérie par toutes les ressources de la science médicale, mais il vit la divine majesté chasser les démons, guérir toutes les maladies, et il en conclut que la droite de Dieu pouvait seule opérer ces merveilles.

Ce commandement suprême ne peut venir que de la divine majesté, comment donc pourrait-on assimiler le Fils unique aux serviteurs, lui qui peut tout par sa seule volonté? Il est dit de Dieu le Père, «qu'il a fait tout ce qu'il a voulu» ( Ps 113; 134); comment donc celui qui exerce la puissance de son Père, serait-il d'une nature différente? Tout ce qui a la même puissance, a ordinairement la même nature. Cependant admirez comment Jésus-Christ joint ici l'opération divine à l'action humaine; car c'est le propre de la nature divine que la volonté soit aussitôt suivie de son effet, comme étendre la main est un acte de la nature humaine. Or, la personne unique de Jésus se compose de ces deux natures, parce qu'il est le Verbe fait chair.

Mais quand même le lépreux eût gardé le silence, la voix seule de ce miracle suffisait pour faire connaître la puissance de celui qui avait opéré cette guérison à tous ceux qui en seraient témoins.
Saint Augustin
Le Sauveur paraît approuver ici le sacrifice prescrit par Moïse, et que cependant l'Église n'a point conservé. Si donc Notre-Seigneur en fait ici un précepte au lépreux, c'est que le sacrifice du Saint des Saints, c'est-à-dire de son corps, n'était pas encore institué; car les sacrifices figuratifs ne devaient être abolis que lorsque le témoignage de la prédication des Apôtres et la foi des peuples fidèles auraient établi le véritable sacrifice qu'ils figuraient.
Tite de Bostra
Apprenons, par ces paroles du lépreux, à ne pas rechercher avec trop d'empressement la guérison de nos infirmités corporelles, mais à tout remettre entre les mains de Dieu, qui fait chaque chose en son temps et dispose tout avec sagesse.

Les hérétiques donnent une fausse signification à ces paroles, et prétendent qu'elles sont dans la pensée du Sauveur un blâme jeté sur la loi. Mais comment supposer qu'il commande à ce lépreux d'offrir un sacrifice pour sa guérison, comme Moïse l'a prescrit, s'il avait l'intention de blâmer ici la loi?
Saint Jean Chrysostome
Le plus souvent, la maladie réveille dans les hommes la pensée de Dieu, mais ils l'oublient bien vite, aussitôt qu'ils sont guéris; Jésus recommande donc au lépreux d'avoir toujours Dieu devant les yeux, et de lui rendre gloire: «Allez, montrez-vous au prêtre».Le Sauveur voulait qu'il se soumît à l'examen et au jugement du prêtre, et que ce fût sur sa déclaration qu'il fût réintégré dans la société de ceux qui étaient purs.

Ou bien encore, pour leur être en témoignage, c'est-à-dire pour leur condamnation et pour leur prouver que je respecte la loi; car après vous avoir guéri, je vous renvoie à l'examen des prêtres, pour être une preuve que je ne suis point un violateur de la loi. Le Seigneur, en guérissant ce lépreux, lui avait recommandé de n'en parler à personne, pour nous apprendre à fuir l'orgueil et la vaine gloire; mais malgré cette recommandation, sa renommée se répandait partout et publiait le miracle qu'il venait d'opérer: «Cependant sa renommée se répandait de plus en plus», etc.
Saint Ambroise
Il voulait aussi apprendre au prêtre que ce n'était point par l'observation des prescriptions de la loi, mais par la puissance bien supérieure à la loi de la grâce de Dieu, que ce lépreux avait été guéri. En ordonnant au lépreux d'offrir le sacrifice prescrit par Moïse, le Seigneur fait voir qu'il ne venait pas détruire la loi, mais l'accomplir: «Et offrez pour votre guérison, le don prescrit par Moïse».
Saint Grégoire de Nysse
En Jésus-Christ, la divinité était unie aux deux substances constitutives de l'homme, à l'âme et au corps, et les attributs de la nature divine se manifestaient par l'une et l'autre de ces deux substances. Le corps révélait la divinité qu'il recouvrait en donnant la guérison par un simple attouchement, et l'âme faisait éclater la toute-puissance de Dieu par l'efficacité de sa volonté; car la volonté est l'action propre de l'âme, comme le toucher est le sens propre du corps, l'âme veut, le corps touche.
Saint Gregoire de Nazianze
Notre-Seigneur opère ordinairement ses oeuvres au milieu du peuple, et se livre à la prière dans la solitude, et il autorise ainsi un repos momentané, qui nous permet de nous entretenir avec Dieu dans la sincérité de notre âme. En effet, il n'avait besoin pour lui-même ni de retraite ni de solitude, puisque étant Dieu, il n'était sujet ni au relâchement ni à la dissipation de l'âme, il voulait donc nous apprendre qu'il est une heure pour la vie active, une autre pour des occupations plus élevées; et nous enseigner le temps qui convient à l'action, et celui qui est favorable à l'exercice plus sublime de la contemplation.