Luc 5, 12

Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »

Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Fulcran Vigouroux
Des villes ; c’est-à-dire des villes voisines. ― Dans une des villes de Galilée, peut-être Capharnaüm.
Louis-Claude Fillion
Dans une des villes est un trait propre à S. Luc. La ville témoin du miracle était située, d'après le contexte (cfr. 4, 43), dans la province de Galilée, où Jésus faisait alors une sorte de tournée pastorale. Notre évangéliste a seul noté que le suppliant était plein de lèpre : tout le corps était donc affecté de cette affreuse maladie, que nous avons décrite ailleurs (Evang. selon S. Matth. p. 153), et qui, à un tel degré, était complètement incurable. Voyez l'intéressant opuscule du Dr. F. Delitzsch Durch Krakheit zur Genesung, eine jerusalemische Geschicht der Herodierzeit, Leipzig 1873. - Il se prosterna. S. Matthieu : il adorait ; S. Marc : il se jeta à genoux. Trois expressions diverses pour décrire un même fait, la prostration du lépreux aux pieds de Jésus. - Si tu le veux, tu peux me guérir. Les trois synoptiques citent dans les mêmes termes cette prière pleine de foi.
Saint Bède le Vénérable
Dans le sens allégorique, ce lépreux représente le genre humain languissant et affaibli par suite de ses péchés; et tout couvert de lèpre; «car tous ont péché et ont besoin de la grâce de Dieu» ( Rm 3), c'est-à-dire qu'ils ont besoin que Dieu, étendant la main (c'est-à-dire que le Verbe de Dieu contractant une union étroite avec la nature humaine), il les purifie de leurs anciennes erreurs, et leur permette d'offrir, pour leur guérison, leurs corps comme une hostie vivante.
Saint Ambroise
La guérison de ce lépreux est le quatrième miracle que fit Jésus depuis son entrée à Capharnaüm. Si, lors de la création, Dieu a éclairé le quatrième jour des splendeurs du soleil, et l'a ainsi rendu plus brillant que les autres jours, nous devons regarder aussi ce miracle comme plus éclatant que les autres miracles. «Or, il arriva, comme il était dans une ville, qu'un homme couvert de lèpre», etc. L'Évangéliste ne désigne pas d'une manière précise le lieu où ce lépreux fut guéri, pour nous apprendre que ce ne fut pas le peuple particulier d'une seule ville, mais tous les peuples de la terre qui eurent part à la guérison spirituelle de l'âme.

Il se prosterne la face contre terre par un sentiment d'humilité et de confusion, et nous apprend ainsi à tous à rougir des souillures de notre vie. Cependant cette confusion n'étouffe point l'aveu qu'il veut faire de son infirmité; il montre les plaies de son corps, et en demande la guérison: «Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir». Ce n'est point qu'il soit incrédule et qu'il doute de la bonté et de la volonté du Seigneur; mais la conscience qu'il avait de sa honteuse maladie, réprime chez lui tout sentiment de présomption. D'ailleurs quelle profession de foi, de religion plus parfaite que celle qui fait découler toute puissance de la volonté du Seigneur.
Saint Athanase
Ce lépreux adora le Seigneur son Dieu sous une forme humaine, la chair mortelle qu'il avait sous les yeux ne lui fit point croire que le Verbe de Dieu fut une simple créature; quoique reconnaissant dans Jésus le Verbe de Dieu, il ne méprisa point la chair dont il était revêtu; au contraire, il se prosterne le visage contre terre, pour adorer, comme dans un temple créé, le Créateur de toutes choses: «Apercevant Jésus, il se prosterna la face contre terre, et le pria».