Luc 4, 9
Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;
Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;
L’action de tenter Dieu consiste en une mise à l’épreuve, en parole ou en acte, de sa bonté et de sa toute-puissance. C’est ainsi que Satan voulait obtenir de Jésus qu’il se jette du Temple et force Dieu, par ce geste, à agir (cf. Lc 4, 9). Jésus lui oppose la parole de Dieu : " Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu " (Dt 6, 16). Le défi que contient pareille tentation de Dieu blesse le respect et la confiance que nous devons à notre Créateur et Seigneur. Il inclut toujours un doute concernant son amour, sa providence et sa puissance (cf. 1 Co 10, 9 ; Ex 17, 2-7 ; Ps 95, 9).
Troisième tentation, vv. 9-12. Selon la juste
remarque de M. Schegg, le premier assaut du tentateur avait eu pour but d'exciter Jésus à s'aider lui -même
sans raison suffisante, et le second l'avait engagé à s'appuyer sur le concours de Satan : par le troisième il est
poussé à exiger sans nécessité les secours divins. - Il le conduisit à Jérusalem. Ce nom propre était plus clair
pour des lecteurs non-juifs que la désignation toute hébraïque de S. Matthieu « dans la cité sainte ». - Sur le
pinacle du temple. C'est de ce même endroit, d'après Hégésippe (ap. Euseb. Hist. eccl. 2, 23), que S. Jacques
le Juste fut précipité par les Juifs. - A propos du pouvoir dont le démon semble avoir joui dans les deux
dernières tentations sur le corps sacré de Notre-Seigneur Jésus-Christ, St Grégoire le grand écrit fort
justement : « Il n’y a pas à s’étonner que le Christ ait permis à Satan de le transporter dans les airs, lui qui a
permis à ses membres de le crucifier ». Ou encore : « Il ne faut pas admirer en cela la puissance du démon,
mais plutôt la patience du Sauveur ». Deyling.
A la tentation de sensualité succède celle de la vaine gloire, qui fait tomber dans les honteux abaissements du péché; car aussitôt que les hommes cherchent à préconiser la gloire de leur vertu, ils tombent du liant rang où leurs mérites les avait élevés: «Et le démon le conduisit à Jérusalem», etc.
C'est le propre de la vaine gloire, en inspirant à celui qu'elle domine de s'élever présomptueusement à nui degré supérieur par la pratique d'oeuvres plus parfaites, de le faire tomber dans les actions les plus humiliantes: «Et il lui dit: Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous au bas», etc.
Vous voyez, du reste, l'artifice du démon jusque dans la citation de ces témoignages; il veut amoindrir la gloire du Sauveur, comme s'il avait besoin du secours des auges, et que son pied dût heurter, s'il n'était soutenu par leurs mains. Or, ces paroles du Psalmiste ne s'appliquent nullement au Christ, mais en général à tous les saints; car celui qui est au-dessus de tous les anges n'a nullement besoin de leur secours. Apprends donc plutôt, ô esprit superbe, que les anges eux-mêmes heurteraient leur pied, si la main de Dieu ne les soutenait, c'est ainsi que toi-même tu es venu heurter contre l'écueil, parce que tu as refusé de croire en Jésus-Christ, Fils de Dieu. Mais pourquoi donc passes-tu sous silence les paroles qui suivent: «Vous marcherez sur l'aspic et le basilic, sinon parce que tu es toi-même ce basilic, ce dragon, ce lion ?»