Luc 4, 31
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.
Cette locution, propre à S. Luc, est d'une parfaite exactitude au point de vue topographique, car
la différence de niveau entre les villes de Capharnaüm et de Nazareth est d'environ 1900 pieds. Celle-ci est
bâtie sur le plateau élevé de Galilée, celle-là dans le profond bassin qui contient le beau lac au sujet duquel
un rabbin faisait prononcer par Dieu ces paroles significatives : « J'ai créé plusieurs lacs dans la terre de
Chanaan ; mais je n'en ai choisi qu'un seul, celui de Gennésareth ». Voyez R. Riess, Atlas de la Bible, pl. 7.
Jésus venait-il alors à Capharnaüm pour y établir son séjour définitif (comp. Matth. 4, 13 et le commentaire),
ou s'y était-il déjà fixé quelque temps auparavant ? La seconde hypothèse nous paraît plus probable. Voyez
l'Harmonie évangélique qui termine l'Introduction générale. Quoi qu'il en soit, Capharnaüm servira
désormais de centre au Sauveur : cette ville de Galilée, comme l'appelle S. Luc pour la mieux désigner à ses
lecteurs qui ne connaissaient pas la géographie de la Terre Sainte, était fort bien appropriée au plan actuel de
Notre-Seigneur. Voyez l'Evang. selon S. Matth., p. 88 et ss. - Il les enseignait. Cette phrase semble indiquer
une coutume générale de Jésus ; mais on peut l'appliquer aussi au fait spécial qui va bientôt être raconté, v. 33 et ss.
Il connaissait bien leur penchant à l'indocilité et la dureté de leur coeur, cependant il les visite comme un bon médecin qui s'efforce de guérir des malades qu'il voit réduits à l'extrémité. Il enseignait sans crainte dans les synagogues, selon ces paroles d'Isaïe: «Je n'ai point parlé en secret, ni dans quelque coin obscur de la terre». ( Is 45, 19). Il choisissait le jour de sabbat pour discuter avec eux, parce que c'était pour eux le jour du repos; ils furent donc étonnés de la grandeur de sa doctrine, de sa vertu, de sa puissance: «Et sa doctrine les frappait d'étonnement, parce qu'il leur parlait avec autorité». C'est-à-dire, que ses paroles n'étaient point molles et flatteuses, mais entraînantes, et qu'elles pressaient ceux qui les entendaient, de travailler à leur salut. Mais les Juifs ne voyaient dans Jésus-Christ qu'un saint ou un prophète; aussi pour leur donner de lui une plus haute et une plus juste idée, il s'élève au-dessus du langage prophétique. Son exorde, en effet, n'était pas comme celui des prophètes: «Voici ce que dit le Seigneur»; mais comme maître de la loi, il enseigne une doctrine supérieure à la loi, et passe de la lettre à la vérité, des figures à leur accomplissement spirituel.
En quittant la Judée, Notre-Seigneur ne cède ni à un sentiment d'indignation, ni au juste ressentiment du crime des Juifs; au contraire, il oublie cet outrage pour ne se souvenir que de sa clémence, et tantôt par ses enseignements, tantôt par les guérisons qu'il opère, il cherche à toucher les coeurs de ce peuple infidèle: «Et il descendit à Capharnaüm qui est une ville de Galilée», etc.
Notre-Seigneur, en commençant le jour du sabbat les oeuvres de la rédemption divine, veut nous apprendre que la nouvelle création commence le jour même où l'ancienne création avait fini, et nous montrer tout d'abord que le Fils de Dieu n'est pas soumis à la loi mais qu'il était supérieur à la Loi. Il commence encore le jour du sabbat, pour montrer qu'il est le Créateur qui fait succéder aux oeuvres anciennes des oeuvres nouvelles, et poursuit le dessein qu'il avait commencé à réaliser si longtemps auparavant. Semblable à un ouvrier qui veut rebâtir une maison et qui en fait disparaître tout ce qu'elle a de ruineux, en commençant, non par les fondations, mais par le faîte et en démolissant d'abord ce qui avait été construit en dernier lieu. Ajoutons que le Sauveur commence par des oeuvres moins importantes pour arriver à celles qui ont plus d'éclat. Les saints eux-mêmes peuvent délivrer du démon au nom et par le Verbe de Dieu, mais il n'appartient qu'à la puissance divine de commander aux morts de ressusciter ( Lc 7,14 Jn 11,43 ).