Luc 4, 25
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
Dans les vv. 25-27 le Sauveur justifie encore sa conduite par des faits empruntés à l'histoire des
deux plus célèbres prophètes d'Israël. Elie et Elisée, parmi des circonstances analogues à celle où il se
trouvait, n'avaient opéré aucun prodige en faveur de leurs concitoyens, tandis qu'ils en avaient accompli pour
des étrangers, bien plus, pour des païens. Premier exemple, vv. 25 et 26. - En vérité, je vous le dis, est une
locution aimée de S. Luc cfr. 20, 21 ; 22, 59 ; Act. 4, 27 ; 10, 30 (S. Marc l'emploie aussi à deux reprises, 12,
14 et 32). Lorsque le ciel fut fermé : Quelle belle métaphore pour désigner un long manque de pluie. Cfr.
Gen. 7, 2 ; 2 Par. 6, 26 ; 7, 13. La sécheresse à laquelle Notre-Seigneur fait allusion est mentionnée d'une
manière expresse au troisième livre des Rois, ch. 17 et 18. Seulement, Jésus en fixe la durée à trois ans et
demi, tandis que l'Ancien Testament (l.c., 18, 1), semble dire qu'elle ne fut pas même de trois années
complètes : « La parole de Dieu a été adressée à Elie la troisième année en disant : Va, montre-toi à Achab
pour que tu donnes de la pluie sur la surface de la terre ». Mais (des rationalistes eux-mêmes l'admettent) il
n'y a pas là une véritable antilogie ; car il put s'écouler un certain temps encore avant qu'Élie allât trouver
Achab et fit cesser la sécheresse. Voyez Lightfoot, Hor. Hebr. in h. l. Il nous reste donc assez de latitude
pour trouver six ou huit mois. S. Jacques, 5, 17, cite d'ailleurs tout à fait les mêmes chiffres que le Sauveur,
preuve que la tradition juive les avait depuis longtemps déterminés. Dans tout le pays est une hyperbole
populaire pour désigner la Palestine.
Sidonie veut dire chasse inutile; Sarepta signifie incendie ou disette du pain; toutes significations qui conviennent parfaitement au peuple des Gentils. En effet, livré tout entier à une chasse stérile, c'est-à-dire, à la recherche des richesses et des gains du commerce de la terre, il était en proie à l'incendie des concupiscences charnelles et à la disette du pain spirituel, jusqu'à ce que l'intelligence des Écritures ayant disparu complètement par suite de la perfidie des Juifs, Élie, c'est-à-dire, la parole prophétique, vint trouver l'Église pour nourrir et fortifier les coeurs des vrais croyants qui le recevraient.
Cet ange terrestre, cet homme tout céleste, qui n'avait ni demeure, ni table, ni vêtements, ce que le plus grand nombre des hommes possède, portait dans une de ses paroles, pour ainsi dire, la clef des cieux; ce que Notre-Seigneur indique par ce qui suit: «Lorsque le ciel fut fermé pendant trois ans». Or, lorsqu'il eut ainsi fermé le ciel, et frappé la terre de stérilité, elle fut en proie à la famine, et tous les corps dépérirent: «Et qu'il y eut une grande famine sur la terre».
Notre-Seigneur apporte ici un exemple bien propre à réprimer l'arrogance de ses concitoyens envieux et jaloux, et il leur montre que sa conduite est conforme aux anciennes Écritures: «Je vous le dis en vérité, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Elie», non que ces jours appartinssent à Élie, mais parce qu'il opéra ses prodiges dans ces jours (cf. Is 1 Os 1 Am 1 Za 14 , etc) ..