Luc 4, 24
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
Aux gens de Nazareth, scandalisés de voir qu’on faisait le Messie d’un menuisier, Jésus fait observer qu’Elie et Elisée, méprisés par leurs compatriotes, firent des prodiges chez les étrangers (voir 3 Rois, 17, 9 ; 4 Rois, 5, 1).
En vérité. S. Luc, comme parfois S. Marc, emploie cette formule au milieu des discours de Jésus.
Comp. 6, 39 ; 12, 16 ; 13, 20 ; 15, 11, etc. Elle indique une pause rapide, en même temps qu'elle sert à mettre
en relief une parole du divin Maître. Ici elle introduit en outre la réponse faite par Notre-Seigneur à
l'objection tacite de ses compatriotes. - Aucun prophète n'est bien reçu… C'est la première partie de la
réponse. Au proverbe « soigne-toi toi-même », Jésus répond par un autre proverbe. Celui qu'il choisit ne
pouvait être cité plus à propos, puisque les habitants de Nazareth refusaient précisément de croire à la
mission céleste du prophète qui daignait se mettre en communication avec eux. Le Sauveur expliquait ainsi
pourquoi il n'avait pas fait de miracles dans sa patrie. Quiconque refuse de recevoir un prophète est -il en
droit de se plaindre que celui-ci ne lui accorde aucun bienfait extraordinaire ? Donc à vous la faute, et pas à
moi ! « Patrie ingrate », dit une sentence semblable des Latins. L'exemple de Jérémie à Anathoth (cfr. Jer. 11,
21 ; 12, 6) ne l'avait que trop bien montré. Reçu signifie en cet endroit « honoré, estimé ». Comp. Matth. 13,
57 et ss. ; Joan. 4, 44 ; Act. 10, 35.
A s'en tenir au récit de saint Luc, on n'y voit point que Jésus ait fait jusque-là aucun miracle à Capharnaüm, car cet Évangéliste raconte simplement qu'avant de venir à Capharnaüm, Jésus avait passé plusieurs années de sa vie à Nazareth. Je pense donc que ces paroles des habitants de Nazareth: «Les grandes choses qu'on nous a racontées que vous faisiez à Capharnaüm», renferment quelque mystère, et que Nazareth représente ici les Juifs, et Capharnaüm les Gentils. En effet, il viendra un temps où le peuple d'Israël dira: Montrez-nous aussi ce que vous avez fait voir à tout l'univers, prêchez votre doctrine au peuple d'Israël, afin que lorsque toutes les nations seront entrées, le peuple d'Israël puisse aussi avoir part au salut. En leur disant donc: Aucun prophète n'est accueilli dans sa patrie, Notre-Seigneur leur répondit dans un sens plus figuré que littéral». Il est vrai que Jérémie ne fut pas bien reçu dans son pays, et qu'il en fut de même des autres prophètes. Cependant, voici le sens le plus probable de ces paroles: Le peuple de la circoncision fut la patrie de tous les prophètes, et les nations reçurent avec plus d'empressement le témoignage de Moïse et des prophètes qui annonçaient Jésus-Christ, que ceux d'entre les Juifs qui refusèrent de reconnaître Jésus pour le Sauveur du monde.