Luc 4, 21

Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Pape Saint Jean-Paul II
Jésus de Nazareth conduit à son terme le plan de Dieu. Après avoir reçu l'Esprit Saint au baptême, il manifeste sa vocation messianique; il parcourt la Galilée, «proclamant l'Evangile de Dieu et disant: "Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche: repentez-vous et croyez à l'Evangile"» (Mc 1, 14-15; cf. Mt 4, 17; Lc 4, 43 ) . La proclamation et l'instauration du Royaume de Dieu sont l'objet de sa mission: «C'est pour cela que j'ai été envoyé» (Lc 4, 43). Mais il y a plus: Jésus est lui-même la Bonne Nouvelle, comme il le déclare dans la synagogue de son village, dès le début de sa mission, en s'appliquant la parole d'Isaïe sur l'Oint, envoyé par l'Esprit du Seigneur (cf. Lc 4, 14-21). Le Christ étant la Bonne Nouvelle, il y a en lui identité entre le message et le messager, entre le dire, l'agir et l'être. Sa force et le secret de l'efficacité de son action résident dans sa totale identification avec le message qu'il annonce: il proclame la Bonne Nouvelle non seulement par ce qu'il dit ou ce qu'il fait, mais par ce qu'il est.
Louis-Claude Fillion
Quel commentaire tout divin Jésus ne dût-il pas faire des paroles d'Isaïe ! Toutefois il n'a pas plu à l'Esprit-Saint de nous le conserver. S. Luc n'en donne que l'exorde, qui dut être en même temps le thème du discours de Notre-Seigneur : Aujourd'hui cette parole … est accomplie. Au moment même où Jésus lisait aux habitants de Nazareth la prophétie d'Isaïe, elle trouvait sa réalisation ; l'Évangile était prêché par le Messie. L'interprétation d'Euthymius, de Paulus, de Rosenmüller (ce texte que vous avez entendu) est donc très inexacte.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Il nous apprend ainsi à instruire d'abord de préférence nos proches, et à leur faire du bien avant de répandre sur les autres les effets de notre charité.

On peut encore entendre ces paroles des morts qui étaient aussi captifs, et qui furent délivrés du joug du tyran de l'enfer par la résurrection de Jésus-Christ.
Saint Bède le Vénérable
Ou bien encore, comme il est écrit que Dieu ne rejette pas un coeur contrit et humilié ( Ps L), le Sauveur dit qu'il est envoyé pour guérir ceux dont le coeur est contrit, selon cette parole: «Il guérit ceux dont le coeur est brisé».

Ou bien encore, il est venu rendre la liberté aux opprimés, c'est-à-dire, à ceux qui étaient comme écrasés sous le fardeau insupportable de la loi.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Peut-être veut-il dire par là que de tous les biens dont Jésus-Christ est la source, la meilleure part est donnée aux pauvres en esprit.

Suite. «Guérir les coeurs brisés». Ces coeurs brisés ce sont les faibles, dont l'âme est fragile, qui ne peuvent résister aux assauts des passions, et à qui il promet le retour à la santé.

Jésus-Christ, le vrai soleil de justice, a dissipé ces ténèbres épaisses que le démon avait amassées dans le coeur des hommes; ils étaient enfants de la nuit et des ténèbres, il les a faits enfants du jour et de la lumière, au témoignage de l'Apôtre ( 1Th 5 ); car il a fait entrer dans le sentier de la justice ceux qui étaient égarés loin de la véritable voie.

Il attirait sur lui les regards de tous ces hommes étonnés de voir qu'il savait les Écritures sans les avoir apprises. Et comme les Juifs avaient coutume de dire que les prophéties qui concernaient le Christ, avaient reçu leur accomplissement dans quelques -uns de leurs chefs, de leurs rois ou des saints prophètes, Notre-Seigneur leur fait voir en lui l'accomplissement de cette prophétie: «Et il commença à leur dire: C'est aujourd'hui que cette prophétie que vous venez d'entendre est accomplie».
Saint Jean Chrysostome
Le mot captivité a plusieurs significations: il y a une captivité bonne et louable, dont saint Paul a dit: «Réduisant en captivité toute intelligence sous l'obéissance de Jésus-Christ» ( 2Co 10 ). Mais il y a une captivité mauvaise dont le même Apôtre a dit: «Ils traînent captives de jeunes femmes chargées de péchés». ( 2Tm 3 ). La captivité peut être corporelle et venir d'ennemis extérieurs; mais la plus affreuse est celle de l'âme, dont il est ici question, car le péché exerce sur l'âme la plus dure tyrannie, il lui fait comme une loi du mal, et la couvre de confusion lorsqu'elle lui obéit; c'est de cette captivité spirituelle que Jésus-Christ nous a délivrés.
Saint Ambroise
Ou encore, il reçoit dans sa plénitude l'onction de l'huile spirituelle et de la vertu céleste pour enrichir la pauvreté de la nature humaine du trésor de sa résurrection.

Ou bien encore, cette année favorable du Seigneur, c'est l'année de l'éternité, qui ne ramènera plus le cercle des travaux de ce monde, et qui donnera aux hommes la jouissance des fruits éternels d'un repos qui ne finira jamais.
Saint Basile le Grand
Il vient guérir les coeurs brisés, c'est-à-dire ceux dont Satan a comme brisé le coeur par le péché; car il n'y a rien qui brise et écrase le coeur humain comme le péché.
Origène
Gardez-vous de penser que ceux-là seuls furent heureux qui eurent le bonheur d'entendre les enseignements du Sauveur, et de croire que vous êtes privé de la même faveur; car aujourd'hui encore, il enseigne dans tout l'univers par ses organes, et sa gloire est célébrée par un plus grand nombre de voix qu'au temps de sa vie mortelle, où les hommes d'une seule contrée s'assemblaient autour de lui pour recevoir ses divines leçons.

Or, ce ne fut point par hasard, mais par un effet de la Providence divine, qu'en déroulant le livre, il tomba sur la prophétie qui prédisait sa venue: «Et l'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit», etc.

Les pauvres ici sont toutes les nations pauvres en effet, parce qu'elles étaient dénuées de tout bien, sans Dieu, sans loi, sans prophètes, sans justice, sans aucunes vertus.

Qu'y avait-il, en effet, de plus brisé, de plus broyé que l'homme, à qui Jésus-Christ est venu rendre la liberté et la guérison?

Toutes ces choses qui ont été prédites, la vue rendue aux aveugles, la liberté aux captifs, la guérison à ceux qui étaient blessés, nous amènent naturellement à l'année favorable du Seigneur: «Et publier l'année salutaire du Seigneur». Quelques-uns, prenant ces paroles dans leur sens le plus simple et le plus littéral, disent que le prophète, en faisant cette prédiction, avait en vue l'année pendant laquelle le Sauveur a prêché l'Évangile dans la Judée. Ou bien encore, cette année favorable du Seigneur, c'est toute la durée de l'existence de l'Église qui voyage loin du Seigneur, tant qu'elle reste dans ce corps mortel (2Co 6). Après l'année favorable du Seigneur, il ajoute: «Et le jour de la rétribution», c'est-à-dire, de la rétribution dernière, où Dieu rendra à chacun selon ses oeuvres.

Et maintenant encore, si nous le voulons, nous pouvons fixer nos regards sur le Sauveur, car si vous dirigez l'intention de votre coeur vers la sagesse, la vérité et la contemplation du Fils unique de Dieu, vos yeux alors s'arrêtent sur Jésus.