Luc 4, 15
Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge.
Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge.
Quand Jésus
se présentait en personne dans les lieux où sa réputation l'avait précédé, son enseignement tout divin
confirmait la bonne opinion qu'on s'était formée de lui, et lui gagnait même de nouveaux suffrages. Il n'y
avait qu'une voix pour chanter ses louanges : il était glorifié par tous. Il est vrai qu'il se contentait alors
d'annoncer la bonne nouvelle d'une manière générale, c'est-à-dire le prochain avènement du Messie (cfr.
Matth. 4, 17 ; Marc. 1, 15) ; rien encore, dans sa prédication, ne choquait les préjugés du peuple : il n'avait
donc que des amis en commençant. Mais l'épisode de Nazareth va bientôt nous montrer le levain
d'antagonisme se remuant dès cette époque contre Jésus.
La sagesse se rapporte à la doctrine, et la puissance aux oeuvres, aussi l'Évangéliste réunit ici ces deux attributs: «Et il enseignait dans les synagogues», etc. Le mot synagogue, qui vient du grec, veut dire réunion, les Juifs appelaient ainsi non seulement l'assemblée du peuple, mais encore le lieu où il se réunissait pour entendre la parole de Dieu. C'est ainsi que nous donnons le nom d'églises aux lieux où se réunissent les fidèles pour chanter les louanges de Dieu. Il y a cependant une différence entre le mot synagogue qui veut dire réunion, et le mot église qui signifie assemblée; des animaux, ou n'importe quelles autres choses, peuvent former une réunion, tandis qu'une assemblée ne peut se composer que d'êtres doués de raison. C'est pou r cela que les docteurs apostoliques ont jugé plus convenable de donner le nom d'Église, plutôt que celui de synagogue aux réunions du peuple, élevé par la grâce à une plus liante dignité. C'est avec raison que tous publiaient ses louanges, lui à qui tous les faits et tous les oracles précédents avaient rendu un si éclatant témoignage: «Et il était exalté par tous».
«Ayant replié le livre, il le rendit», etc. Il lut ce livre en présence de ceux qui étaient là pour l'écouter, mais après cette lecture il le rendit au ministre. En effet, tandis qu'il était dans le monde, il parlait publiquement, enseignant dans les synagogues et dans le temple, mais lorsqu'il fut sur le point de remonter vers le ciel, il confia le ministère de la prédication à ceux qui avaient été dès le commencement les témoins de ses actions et les ministres de sa parole. Il se tient debout pour faire cette lecture, parce qu'en nous expliquant les Écritures qui se rapportaient à lui, il daignait agir dans la nature humaine dont il s'était revêtu; mais il s'asseoit après avoir rendu le livre, parce qu'il rentre alors en possession du trône de son éternel repos. En effet, celui qui agit se tient ordinairement debout, et c'est le propre de celui qui se repose ou qui rend la justice d'être assis. Tel doit être le prédicateur de la parole de Dieu, il doit se tenir debout pour lire, c'est-à-dire, pour agir et pour prêcher; il doit s'asseoir, c'est-à-dire, attendre le repos pour récompense. Il lut ce livre après l'avoir déroulé, parce qu'il a enseigné à l'Église toute vérité par l'Esprit de vérité qu'il lui a envoyé; il le rendit au ministre après l'avoir plié, parce que toute doctrine ne peut être enseignée à tous indistinctement, mais les docteurs sont obligés de proportionner leur enseignement à l'intelligence de ceux qui les écoutent.