Luc 24, 7
“Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” »
“Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” »
Ces mots du
messager céleste ont été presque identiquement conservés dans les trois narrations synoptiques : ce sont
d'ailleurs les plus importants de son allocution. - L'appel aux souvenirs des saintes amies de Jésus,
Souvenez-vous…, jusqu'à la fin du v. 7, est encore une particularité de notre évangéliste. Cfr. Matth. 28, 7 ;
Marc. 16, 7. - Il vous a parlé. Elles avaient donc entendu elles aussi, probablement tandis qu'elles
accompagnaient le Sauveur dans ses pérégrinations de Galilée (Cfr. 8, 1-3 ; 9, 44 ; Marc. 9, 29 et ss.),
quelques-unes de ses prophéties relatives à sa mort et à sa résurrection. - Livré entre les mains des pécheurs.
Il faut prendre cette épithète dans le sens spécial que lui donnaient les Juifs ; or, pour eux, pécheur équivalait
fréquemment à païen. Cfr. Gal. 2, 15.
A la vue des anges qui leur apparaissent, les saintes femmes ne se prosternent pas la face contre terre, elles tiennent simplement leurs yeux baissés vers la terre. Nous ne voyons également qu'aucun des saints qui furent témoins de la résurrection du Seigneur se soit prosterné la face contre terre, lorsque le Seigneur lui-même ou ses anges leur apparaissaient. C'est de là qu'est venu l'usage dans l'Église de prier les yeux baissés vers la terre, mais sans fléchir les genoux, tous les jours de dimanche et pendant les cinquante jours qui forment le temps pascal, soit en mémoire de la résurrection du Seigneur, soit comme un signe de l'espérance de notre propre résurrection. Or, ce n'était point dans un sépulcre (qui est la demeure des morts), qu'il fallait chercher celui qui était ressuscité d'entre les morts à une vie nouvelle. Aussi les anges disent-ils aux saintes femmes: «Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n'est point ici, il est ressuscité». En effet, c'est le troisième jour après sa mort, qu'il célébra le triomphe de sa résurrection, comme il l'avait prédit aux saintes femmes qui étaient avec ses disciples: «Souvenez-vous de ce qu'il vous a dit lorsqu'il était encore en Galilée: Il faut que le Fils de l'homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il ressuscite le troisième jour». En effet, il expira le jour de la préparation du sabbat, vers la neuvième heure, il fut enseveli le soir du même jour, et ressuscita au commencement du premier jour après le sabbat.
Il aurait pu sans doute ressusciter immédiatement son corps, mais on n'eût pas manqué de dire qu'il n'était pas véritablement mort, ou que la mort ne l'avait pas entièrement atteint; au contraire, si la résurrection du Seigneur avait été différée, la gloire de son incorruptibilité eût été moins évidente; il mit donc un intervalle d'un jour entre sa mort et sa résurrection, pour prouver que son corps était véritablement mort, et il le ressuscita le troisième jour pour démontrer qu'il n'était pas soumis à la corruption.
Les messagers de cette heureuse résurrection apparaissent revêtus d'habits resplendissants, comme présages de joie et de bonheur. Lorsque Moïse était sur le point de frapper l'Égypte de plaies, il vit un ange au milieu d'une flamme ardente; mais ce n'est point dans cet appareil terrible, que les anges se montrent aux saintes femmes, ils sont environnés de la grâce et de la douceur qui convenaient au règne et au glorieux triomphe du Seigneur. Et de même qu'au temps de sa passion le soleil s'était éclipsé, pour témoigner son horreur et sa tristesse aux bourreaux qui crucifièrent le Fils de Dieu; ainsi les anges messagers de la vie et de la résurrection annoncent, par l'éclat de leurs vêtements, la joie de cette grande fête qui est le salut du monde.