Luc 24, 34
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
Dans le collège des Douze Simon Pierre tient la première place (cf. Mc 3, 16 ; 9, 2 ; Lc 24, 34 ; 1 Co 15, 5). Jésus lui a confié une mission unique. Grâce à une révélation venant du Père, Pierre avait confessé : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ". Notre Seigneur lui avait alors déclaré : " Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle " (Mt 16, 18). Le Christ, " Pierre vivante " (1 P 2, 4), assure à son Église bâtie sur Pierre la victoire sur les puissances de mort. Pierre, en raison de la foi confessée par lui, demeurera le roc inébranlable de l’Église. Il aura mission de garder cette foi de toute défaillance et d’y affermir ses frères (cf. Lc 22, 32).
A l'heure même : une des locutions favorites de S. Luc, pour dire : à
l'instant même. Précédemment, ils avaient dissuadé Jésus de continuer sa route parce que l'heure était
avancée (v. 29) ; mais ils n'hésitent pas à reprendre eux-mêmes le chemin de Jérusalem, tant ils ont hâte
d'aller raconter aux autres disciples le grand fait dont ils ont été témoins. Cette conclusion du récit (vv. 33-
35) est très mouvementée. - Ils trouvèrent les onze … assemblés. D'après S. Jean, 20, 24, dix apôtres
seulement se trouvaient alors dans le cénacle, puisque S. Thomas était absent ; mais, depuis la mort de Judas,
le collège apostolique est désigné d'une manière générale et uniforme par ce chiffre. Cfr. v. 9 ; Marc. 16, 14. -
En entrant, les deux nouveaux venus sont accueillis par la joyeuse nouvelle qu'ils pensaient être les premiers
à apporter. - Le Seigneur est vraiment ressuscité. Vrai cri de triomphe, qui fut dans l'Église primitive, et qui
est encore dans quelques parties de l'Orient, la salutation usitée entre chrétiens au beau jour de Pâque. Le
verbe est mis en avant par emphase. « Vraiment » est opposé aux doutes du matin, comme si les disciples
eussent voulu dire : Jusqu'ici nous n'avions pas de preuves certaines ; mais actuellement nous avons une
garantie infaillible, car il est apparu à Simon ! Voyez 1 Cor. 15, 1, la confirmation de cette apparition, qui
n'est rapportée par aucun autre évangéliste.
En effet, si deux évangélistes, saint Luc et saint Jean, ont écrit que Notre-Seigneur est apparu aux onze dans la ville de Jérusalem, les deux autres rapportent que l'ange aussi bien que le Sauveur commandèrent de se rendre en Galilée, non seulement aux onze, mais à tous les disciples et aux frères dont parle saint Paul, quand il dit: «Ensuite il apparut à plus de cinq cents frères réunis». ( 1Co 15 ). Mais la solution la plus vraisemblable de cette difficulté, est que Jésus apparut d'abord une ou deux fois pour la consolation des Apôtres qui se tenaient cachés dans Jérusalem, et qu'il se manifesta ensuite dans la Galilée, non plus une fois ou deux, comme dans le cénacle, mais dans tout l'éclat de sa puissance, et en faisant voir à ses Apôtres par beaucoup de preuves qu'il était vivant, comme l'atteste saint Luc dans le livre des Actes (Ac 1, 3).