Luc 24, 12
Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.
Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.
Ce verset important a été supprimé par Tischendorf, sous prétexte qu'il manque
dans le Codex D et dans quelques manuscrits de l'Itala : mais sa présence partout ailleurs garantit
suffisamment son authenticité, qui est en outre confirmée par le v. 24 et par Joan. 20, 2-10. - Pierre, se
levant…. Heureux contraste entre S. Pierre et les autres disciples. Lui du moins, avant de rejeter le
témoignage des saintes femmes, veut le contrôler personnellement. - Courut au sépulcre. Trait graphique,
bien naturel dans la circonstance, et tout à fait conforme au caractère ardent du prince des apôtres. Quels
sentiments devaient agiter alors le cœur de S. Pierre ! - S'étant baissé : nouveau détail très pittoresque.
L'entrée des tombeaux était généralement assez basse. - Les linges à terre. Cfr. Joan. 20, 6 et 7, où la
narration est encore plus précise. - Il s'en alla, admirant… Beaucoup d'exégètes modernes, rattachant « chez
soi » au verbe s'en alla, traduisent : Il s'en alla chez lui, s'étonnant. Quoique cette interprétation soit autorisée
par des exemples tirés des classiques, nous préférons le sens donné par la Vulgate, qui est plus profond et
mieux approprié à la situation.
C'était un ange qui l'avait renversée, comme le rapporte saint Matthieu.
A ne consulter que les lois de la nature, le miracle d'une résurrection est une chose incroyable pour les hommes: «Aussi, ajoute l'Évangéliste, les Apôtres regardèrent comme une rêverie ce qu'elles leur disaient, et ne les crurent point».
Pierre, à cette nouvelle, court sans tarder au sépulcre, prompt comme le feu qui n'attend pas qu'on lui jette le bois qu'il doit consumer: «Pierre se leva aussitôt et courut au sépulcre».
Lorsqu'il fut venu au sépulcre, le premier sentiment qu'il éprouva fut un sentiment d'admiration pour les choses qu'il avait pu tourner en dérision aussi bien que les autres Apôtres: «Et il s'en alla, admirant en lui-même, ce qui était arrivé», c'est-à-dire, qu'il admirait comment les linges seuls qui avaient servi à recouvrir le corps embaumé de myrrhe, avaient été laissés, ou quelles circonstances avaient favorisé le voleur à ce point, qu'au milieu des gardes qui environnaient le sépulcre, il ait eu le temps de débarrasser le corps des linges qui l'entouraient avant de l'enlever.
Il est resté dans le tombeau un jour et deux nuits, parce qu'il a voulu joindre la lumière de sa mort qui est une aux ténèbres de notre double mort.
Pour décharger la femme du crime et de l'opprobre perpétuel dont elle était chargée aux yeux des hommes, Dieu permet qu'après avoir été pour l'homme l'intermédiaire du mal, elle devienne aujourd'hui l'intermédiaire de la grâce.
Ce doute est moins un effet de la faiblesse de leur foi, que le fondement inébranlable de la nôtre, car pour triompher de leurs doutes, Dieu fit ressortir la vérité de la résurrection par une multitude de preuves, et lorsque nous lisons ces preuves, le doute même des Apôtres produit en nous la certitude.
Ou encore, saint Matthieu, dans la première partie de la nuit qui est le soir, a voulu comprendre la nuit elle-même; c'est au déclin de cette nuit que les saintes femmes allèrent au sépulcre, ce qui s'explique d'autant plus facilement, qu'elles avaient préparé les aromates dès le soir, et que le jour du sabbat étant passé, il leur était permis de les apporter.
Saint Luc a voulu résumer ici tout ce que fit Pierre dans cette circonstance. En effet, Pierre courut au sépulcre en même temps que Jean, alors seulement que les saintes femmes, et Marie Madeleine en particulier, vinrent leur annoncer que le corps avait été enlevé, et l'apparition des anges n'eut lieu qu'ensuite. Saint Luc ne parle ici que de Pierre, parce que c'est à lui d'abord que Marie Madeleine annonça ce qu'elle avait vu. On peut aussi s'étonner que d'après le récit de saint Luc, Pierre n'entrât point dans le sépulcre, mais qu'étant penché il vit simplement les linges par terre, et se retira plein d'admiration, tandis que saint Jean dit positivement qu'il vit aussi ces linges posés à terre et qu'il entra dans le sépulcre après Pierre. Cette difficulté disparaît, en admettant que Pierre vit d'abord ces linges en se penchant sur le sépulcre (circonstance que saint Luc rapporte et saint Jean passe sous silence), et qu'il entra ensuite dans le sépulcre avant que Jean y entrât lui-même.
Mais comment se fait-il que saint Matthieu et saint Marc ne parlent que d'un jeune homme assis et vêtu de blanc, tandis que d'après saint Luc et saint Jean les saintes femmes virent deux anges revêtus de robes blanches?
Il n'est point permis aux femmes d'enseigner dans l'Église (1Co 14). C'est pour cela que la femme est envoyée à ceux qui sont de la famille de Jésus. L'Évangéliste nous fait connaître le nom de ces femmes: «Ce fut Marie Madeleine».
Seul parmi les Apôtres, il se rend au témoignage des femmes, qui lui rapportent l'apparition des anges, et comme il avait pour Jésus un amour plus grand que les autres Apôtres, il montrait aussi un plus grand zèle, et regardait de tous côtés pour découvrir le Seigneur: «Et s'étant penché, il ne vit que les linges par terre».