Luc 23, 39

L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »

L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Catéchisme de l'Église catholique
Jésus a accueilli la profession de foi de Pierre qui le reconnaissait comme le Messie en annonçant la passion prochaine du Fils de l’Homme (cf. Mt 16, 16-23). Il a dévoilé le contenu authentique de sa royauté messianique à la fois dans l’identité transcendante du Fils de l’Homme " qui est descendu du ciel " (Jn 3, 13 ; cf. Jn 6, 62 ; Dn 7, 13) et dans sa mission rédemptrice comme Serviteur souffrant : " Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude " (Mt 20, 28 ; cf. Is 53, 10-12). C’est pourquoi le vrai sens de sa royauté n’est manifesté que du haut de la Croix (cf. Jn 19, 19-22 ; Lc 23, 39-43). C’est seulement après sa Résurrection que sa royauté messianique pourra être proclamée par Pierre devant le Peuple de Dieu : " Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié " (Ac 2, 36).

La prière à Jésus est déjà exaucée par lui durant son ministère, à travers des signes qui anticipent la puissance de sa Mort et de sa Résurrection : Jésus exauce la prière de foi, exprimée en paroles (le lépreux : cf. Mc 1, 40-41 ; Jaïre : cf. Mc 5, 36 ; la cananéenne : cf. Mc 7, 29 ; le bon larron : cf. Lc 23, 39-43) ou en silence (les porteurs du paralytique : cf. Mc 2, 5 ; l’hémorroïsse qui touche son vêtement : cf. Mc 5, 28 ; les larmes et le parfum de la pécheresse : cf. Lc 7, 37-38). La demande pressante des aveugles : " Aie pitié de nous, fils de David " (Mt 9, 27) ou " Fils de David, Jésus, aie pitié de moi " (Mc 10, 48) a été reprise dans la tradition de la Prière à Jésus : " Jésus, Christ, Fils de Dieu, Seigneur, aie pitié de moi, pécheur ! " Guérison des infirmités ou rémission des péchés, Jésus répond toujours à la prière qui l’implore avec foi : " Va en paix, ta foi t’a sauvé ! ".
Louis-Claude Fillion
L'un des voleurs… blasphémait. L'imparfait dénote des blasphèmes réitérés. S. Matthieu et S. Marc racontent d'une manière sommaire que Jésus fut aussi outragé par les malfaiteurs crucifiés à ses côtés : S. Luc expose tout au long cette scène émouvante, qui est une des perles de son Évangile. Sur l'antilogie apparente des récits, voyez l'Evang. selon S. Matth. p. 551. - Si tu es le Christ. Quelques manuscrits anciens (B, C, L, Sinait.) donnent un sens interrogatif à la phrase : n'es-tu pas le Christ ? C'est pour la troisième fois la même insulte (Cfr. vv. 35 et 37) ; mais elle retrouve ici son cachet juif, car les deux larrons étaient Israélites. Notez aussi l'addition significative et nous.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Cependant un des voleurs s'associait aux outrages des Juifs contre le Sauveur: «Or, l'un des voleurs qui étaient suspendus en croix, le blasphémait en disant: Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même et nous avec toi», l'autre lui adressait ce reproche: «Ne crains-tu pas Dieu non plus, toi qui partages le même supplice ?» Il va plus loin, et confesse ses propres crimes: «Pour nous, du moins, c'est justice, nous sommes traités comme nous le méritons».