Luc 23, 32

Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.

Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.
Louis-Claude Fillion
Ce trait encore est propre à S. Luc. Peut-être ces deux autres hommes avaient-ils fait partie, comme on l'a souvent conjecturé, de la bande commandée par Barabbas ; c'étaient des zélotes qui, sous le couvert du patriotisme, exerçaient à leur aise le brigandage et le vol. Or la croix était le châtiment habituel des malfaiteurs de cette espèce. Cfr. Jos. Bell. Jud. 2, 13, 12 ; Petron. Sat. 3.
Saint Théophylacte d'Ohrid
C'est-à-dire ces jours où des mères dénaturées feront cuire leurs propres enfants et que leurs entrailles recevront de nouveau le fruit malheureux qui en était sorti.

Ou encore: Celui qui porte la croix de Jésus-Christ revient des champs, c'est-à-dire se sépare du monde et de ses oeuvres, pour se diriger vers Jérusalem, c'est-à-dire vers la liberté des cieux. Notre-Seigneur nous donne encore ici une importante leçon, c'est que celui qui est à son exemple le mettre de ses frères, doit commencer aussi par porter sa croix et crucifier sa propre chair par la crainte de Dieu, avant d'en charger ceux qu'il instruit et qu'il dirige.

Il engage ces femmes qui pleurent sur lui, à porter leurs regards sur les calamités qui les menacent, et à pleurer sur elles-mêmes: «Mais pleurez sur vous mêmes».

Voici le sens de ces paroles: Si les Romains se sont portés à de tels excès de cruauté sur moi, arbre toujours vert et fécond, que ne feront-ils pas contre vous, c'est-à-dire, contre ce peuple qui est comme un bois sec, privé de toute sève vivifiante et qui n'a jamais produit aucun fruit?

Pour noircir dans l'esprit du peuple la réputation du Sauveur, le démon porte ses ennemis à croiser avec lui deux voleurs: «On menait aussi avec lui deux voleurs pour les faire mourir».
Saint Bède le Vénérable
Simon veut dire obéissant, et Cyrène, signifie héritier; cet homme est donc la figure du peuple des nations, qui autrefois était complètement étranger aux alliances ( Ep 2, 12), et qui maintenant est devenu par son obéissance héritier de Dieu. C'est en revenant de la maison des champs, que Simon porte la croix après Jésus, figure en cela des Gentils qui commencent par renoncer aux superstitions du paganisme pour suivre avec obéissance les traces de la passion du Sauveur, car maison des champs se dit en grec gáãïò (pagos), d'où les païens ont tiré leur nom.

Ou encore, c'est à tous que le Sauveur s'adresse et dit: Si moi qui n'ai point commis de péché, qui suis appelé l'arbre de vie, je ne puis sortir de ce monde sans passer par le feu de ma passion, quels, pensez-vous, seront les tourments réservés à ces arbres tombés qui n'ont jamais porté de fruits ?
Saint Grégoire le Grand
Notre-Seigneur se compare au bois vert et nous au bois sec, parce qu'il avait en lui la sève de la puissance divine, tandis que nous, qui n'avons que la faible humanité en partage, nous ressemblons au bois sec.
Saint Cyrille d'Alexandrie
D'ailleurs, les femmes sont naturellement portées aux larmes, et leur âme est plus accessible à la compassion.
Saint Augustin
Saint Jean raconte que Jésus portait lui-même sa croix, ce qu'il faut entendre du moment où il sortait pour aller au lieu dit du Calvaire, et que dans le chemin, ils requirent Simon pour la porter jusqu'à ce lieu.
Saint Ambroise
Jésus portant sa croix, est comme un vainqueur qui porte déjà le trophée de sa victoire; la croix est placée sur ses épaules, soit en effet qu'il l'ait portée lui-même, ou que Simon en ait été chargé, c'est toujours le Christ qui la porte dans l'homme, de même que l'homme la porte dans la personne du Christ. Il n'y a point ici de contradiction dans le récit des évangélistes, puisque la signification mystérieuse est la même. L'ordre de notre progrès dans la perfection demandait que Jésus dressât d'abord lui-même le trophée de sa croix, et qu'il le transmît aux martyrs pour le porter après lui. Or, ce n'est pas un Juif qui porte la croix, mais un étranger et un voyageur, et il ne marche pas devant Jésus, mais se contente de le suivre, selon la parole du Sauveur: «Qu'il porte sa croix, et qu'il me suive».