Luc 23, 12
Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.
Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.
S. Luc termine par un trait psychologique digne de lui le récit de la comparution du Sauveur
devant Hérode : Hérode et Pilate devinrent amis en ce jour même, d'ennemis qu'ils étaient... Il y a dans ce
« même » une emphase évidente. On a parfois pensé que leur inimitié avait éclaté à la suite de l'incident
mentionné plus haut, 13, 1 ; d'autres l'ont rattachée aux dénonciations secrètes ou publiques qu'Antipas s'était
permis de faire à Tibère contre Pilate (Jos. Ant. 18, 4, 5) : mais on ne peut rien déterminer de certain sur ce
point. Entre le gouverneur romain de la Judée et le tétrarque de la Galilée il existait des occasions
perpétuelles de froissement ; le moindre conflit de juridiction avait pu rompre violemment des relations qui
n'avaient jamais été bien intimes. Mais voici qu'aujourd'hui Jésus réconcilie ces deux hommes !
Il se conforme en cela aux prescriptions de la loi romaine, d'après laquelle chacun devait être jugé par son prince naturel.
Cependant, considérez comme le démon est pris et entravé dans ses propres filets. Il multiplie contre Jésus-Christ les dérisions et les outrages, qui prouvent jusqu'à l'évidence qu'il n'est point coupable de sédition, car on ne se serait pas contenté de se moquer de lui, s'il avait soulevé contre l'autorité, ce peuple qui aimait tant les nouveautés. Ce renvoi de Jésus, de Pilate à Hérode, devint pour eux une occasion de rapprochement, Pilate voulant ainsi prouver à Hérode qu'il n'usurpait point la juridiction sur ses propres sujets: «Et ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent amis, car auparavant ils étaient ennemis l'un de l'autre». Voyez comme le démon sait réunir ceux qui sont le plus divisés, pour arriver à consommer la mort de Jésus-Christ. Rougissons donc nous-mêmes, si, dans l'intérêt de notre propre salut, nous ne savons pas conserver l'union avec nos amis.
Ou encore, la réconciliation d'Hérode et de Pilate signifie que les Gentils et les Juifs, si différents d'origine, de religion et de sentiments, se réuniront et se ligueront pour persécuter les chrétiens.
Or, Hérode voulut s'assurer de la renommée de Jésus-Christ, et il désirait lui voir opérer quelque prodige: «Hérode eut une grande joie de voir Jésus»,etc.
Cette conduite de Jésus nous apprend à garder nous-mêmes un silence absolu, toutes les fois que nos auditeurs témoignent le désir de nous entendre pour faire l'éloge de nos discours plutôt que pour corriger leurs vices, de peur qu'en annonçant la parole de Dieu par un motif de vaine gloire, nos discours n'aient d'autre résultat que de nous rendre coupables, sans avoir rendu les autres meilleurs. Or, nous pouvons reconnaître à plusieurs signes les intentions douteuses de ceux qui nous écoutent, mais surtout lorsque nous les voyons louer sans cesse ce qu'ils entendent, sans jamais mettre en pratique les enseignements dont ils font l'éloge.
Jésus se tait et ne fait aucun miracle, parce qu'Hérode n'avait pas la foi qui mérite d'avoir des miracles, et que lui-même fuyait toute ostentation. Peut-être aussi, Hérode est-il la figure de tous les impies, qui ne peuvent voir et comprendre les miracles de Jésus-Christ, racontés dans l'Évangile, qu'à la condition de croire à la loi et aux prophètes.
Ce n'est pas sans un dessein mystérieux que Jésus est revêtu par Hérode d'une robe blanche, le symbole de sa mort innocente et le signe glorieux de l'agneau sans tache, qui devait expier les péchés du monde.
Dans un sens figuré, Hérode et Pilate, qui se réconcilièrent à l'occasion de Jésus-Christ, représentent jusqu'à un certain point le peuple juif et le peuple des Gentils, qui devaient aussi se réconcilier entre eux par la passion du Seigneur, en suivant néanmoins cet ordre que les Gentils recevraient les premiers la parole de Dieu, et feraient ensuite entrer en participation de leur foi et de leur charité, les Juifs qui revêtiraient aussi de gloire et de majesté le corps de Jésus-Christ, objet autrefois de leurs mépris.