Luc 22, 71
Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »
Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »
Le récit n'est pas moins dramatique que la scène elle-même. -
Qu’avons-nous encore besoin de témoignage ? Il ne semble pas que le Sanhédrin ait fait comparaître des
témoins à charge durant cette séance du matin : ces paroles font donc allusion à la session nocturne, durant
laquelle de nombreuses dépositions avaient été reçues contre Jésus. Cfr. Matth. 26, 60 et ss. ; Marc. 14, 56 et
ss.. Quant aux témoins à décharge, le Talmud a beau dire que, pendant quarante jours consécutifs, on fit
inviter par des hérauts tous ceux qui croiraient pouvoir maintenir l'innocence de Jésus à se présenter devant
le Sanhédrin, sans que personne répondît à l'appel : ces fables grossières dépassent le but. - On le voit,
l'assemblée du matin ressembla beaucoup à celle de la nuit par ses divers détails : nous trouvons de part et
d'autre à peu près les mêmes questions, les mêmes réponses, finalement la même condamnation ; ici et là les juges ont recours aux procédés les plus odieux, ici et là le divin accusé a une attitude digne du Messie :
seulement, dans la dernière session les choses se passent avec une plus grande rapidité. Il n'y a pas de
discussion proprement dite : on se borne à faire répéter au Sauveur ses paroles incriminées précédemment, et
à ratifier l'arrêt de mort.
Cette conduite des Juifs nous montre que les esprits rebelles ne tirent aucun avantage des mystères qui leur sont révélés, mais qu'ils n'en deviennent que plus coupables, aussi vaut-il mieux les leur laisser ignorer.
Ils ne désirent point connaître la vérité, mais ils attendent sa réponse pour le calomnier. Le Christ dont ils espéraient la venue, devait être de la race de David, et ils lui font cette question, pour lui faire un crime de s'être attribué la puissance royale, s'il répondait affirmativement: «Je suis le Christ».
A ces paroles, toute la troupe des pharisiens entre en fureur, et l'accuse de blasphème: «Et ils repartirent: Qu'avons-nous besoin d'autre témoignage? nous l'avons entendu nous-mêmes de sa propre bouche».
Tous les évangélistes ne rapportent pas dans le même ordre le reniement de Pierre, qui eut lieu pendant que le Seigneur était en butte aux outrages de ses ennemis. Saint Matthieu et saint Marc racontent d'abord ces outrages, et puis la chute de Pierre; saint Luc suit un ordre contraire, et ce n'est qu'après le reniement de Pierre, qu'il parle de ces outrages en ces termes: «Cependant ceux qui tenaient Jésus le raillaient», etc.
Le Seigneur fut donc en butte à ces outrages pendant toute la nuit dans la maison du prince des prêtres où il avait d'abord été conduit: «Et dès qu'il fut jour, les anciens du peuple, les princes des prêtres et les scribes s'assemblèrent, et l'ayant fait amener devant eux, ils lui dirent: Si vous êtes le Christ, dites-le nous».
Jésus, le Seigneur du ciel et de la terre, supporte et souffre les dérisions des impies, pour nous donner un sublime exemple de patience.
Notre-Seigneur aime mieux prouver qu'il était roi plutôt que de le dire, afin de leur ôter tout motif de le condamner, puisqu'ils étaient forcés d'avouer eux-mêmes ce dont ils lui faisaient un crime: «il répondit: Vous le dites, je le suis».