Luc 22, 48
Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »
Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »
C'est la description de l'infâme baiser de
Judas. Le récit de S. Luc est pittoresque, rapide. Cette bande de loups furieux, comme on l'a justement
appelée, qui tomba tout à coup sur le divin Agneau, était composée de soldats romains, de sergents d'armes
du grand Conseil, de curieux, de fanatiques, et même de Sanhédristes. Voyez le v. 52. - Il s'approcha pour le
baiser. Judas baisa en réalité Notre-Seigneur, ainsi qu'il ressort du contexte et des deux autres synoptiques. -
Juda… S. Luc seul mentionne ces paroles de Jésus. Voir dans Matth. 26, 50, une autre petite allocution qui
dut précéder celle-ci. - Tu trahis… par un baiser : frappant contraste. Le baiser, signe ordinaire de l'affection,
devenu le signal de la trahison la plus noire, à l'égard de la personne sacrée du Messie !
Nous ne devons pas cesser d'avertir nos frères, lorsque bien même ils ne profitent pas de nos avertissements, car les ruisseaux ne cessent pas de couler, lors même que personne ne vient y puiser. Vous ne persuadez pas aujourd'hui, peut-être serez-vous plus heureux demain. Le pêcheur traîne ses filets vides pendant toute la journée, et c'est vers le soir qu'il les rem plit de poissons. Aussi bien que le Seigneur sut parfaitement qu'il ne convertirait pas Judas, il ne laissa pas de faire tout ce qui pouvait le détourner de son mauvais dessein: «Jésus lui dit: Judas, vous trahissez le Fils de l'homme par un baiser ?»
Cependant il ne lui dit pas en termes exprès: Vous trahissez votre maître, votre Seigneur, votre bienfaiteur; mais «Vous trahissez le Fils de l'homme», c'est-à-dire, la mansuétude et la douceur même, celui qui vous a témoigné tant de tendresse et de bonté, que vous ne devriez jamais songer à le trahir, quand même il ne serait pas votre Seigneur et votre maître.
Il lui dit: «Vous trahissez par un baiser», c'est-à-dire, vous choisissez le symbole et le gage de l'amour pour me faire le plus cruel outrage, et c'est avec le plus doux signe de la paix q ue vous me donnez le coup de la mort. Vous, mon serviteur, vous trahissez votre Seigneur, vous, mon disciple, vous trahissez votre maître, vous que j'ai choisi pour apôtre, vous trahissez le Dieu, auteur de votre vocation.
Le Sauveur donne ici à la fois une preuve éclatante de sa puissance divine et une grande leçon de vertu. Il dévoile le crime de son traître disciple, et il le supporte encore avec patience; il lui montre celui qu'il trahit, en dévoilant aux yeux de tous les secrets de ses noirs desseins; il montre celui qu'il va livrer, en disant: «Le Fils de l'homme»; car ce n'est pas la divinité, mais l'humanité dont les ennemis de Jésus vont se saisir. Et cependant ce qui rend plus odieuse l'ingratitude du traître disciple, c'est d'avoir trahi celui qui, étant le Fils de Dieu, a voulu devenir pour nous le Fils de l'homme, et Jésus semble lui dire: Ingrat, c'est pour toi que j'ai pris cette humanité que tu trahis avec tant d'hypocrisie