Luc 22, 41

Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant :

Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant :
Louis-Claude Fillion
Il s'éloigna d'eux… Le verbe grec signifie se séparer, s'arracher ; il marque donc la répugnance qu'éprouvait Notre-Seigneur en tant qu'homme à se séparer de ses amis pour aller seul affronter une angoisse extrême. - A la distance d'un jet de pierre. Comp. Gen. 21, 16. Trait pittoresque propre à S. Luc, comme le précédent. Jésus n'étant qu'à une petite distance de ses trois apôtres privilégiés (50 pas environ), ceux-ci, tant qu'ils furent capables de résister au sommeil (v. 45), purent être témoins des principaux détails de son agonie. - S'étant mis à genoux : locution souvent employée par S. Luc (Cfr. Marc. 15, 19). Chez les Juifs, « La façon habituelle de prier était debout. On priait à genoux sous la pression d’un urgent besoin », Grotius.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Mais ce n'est pas seulement par ses paroles qu'il veut leur être utile; il s'avance donc un peu plus loin, et se met en prière: «Et il s'éloigna d'eux à la distance d'un jet de pierre», etc. Partout vous voyez le Sauveur se retirer à l'écart pour prier, il vous apprend ainsi la nécessité du recueillement de l'esprit et de la paix du coeur pour vous entretenir avec le Dieu très-haut, Or, s'il s'applique ainsi à la prière, ce n'est point qu'il ait besoin d'un secours étranger, lui qui est la vertu toute puissante du Père, mais il veut nous apprendre qu'il ne faut pas s'endormir dans les tentations, mais prier avec plus d'instance.
Saint Grégoire de Nysse
Mais pourquoi fléchit-il les genoux, selon le récit de l'Évangéliste: «Et s'étant mis à genoux, il priait ?» Les hommes ont coutume de se prosterner ainsi devant les grands pour les supplier, témoignant ainsi par leur attitude, que ceux qu'ils prient leur sont supérieurs. Or, il est évident que la nature humaine n'est rien en comparaison de celle de Dieu, c'est pourquoi dans les devoirs que nous rendons à cette nature incomparable, nous employons les marques d'honneur en usage parmi nous, pour témoigner notre respect à l'égard de ceux qui sont élevés au-dessus de nous. C'est ainsi que celui qui a pris sur lui nos misères, et s'est rendu notre médiateur, fléchit pour prier les genoux de l'humanité dont il s'est revêtu, pour nous apprendre à fuir l'orgueil pendant que nous prions, et à suivre en tout les inspirations de l'humilité; car Dieu résiste aux superbes, et il accorde sa grâce aux humbles. ( Jc 4; 1 P 5).