Luc 22, 40

Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »

Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Fulcran Vigouroux
A son lieu accoutumé, au lieu où il avait coutume de se trouver avec ses disciples, et qui était appelé Gethsémani. Voir Matthieu, 26, 36 ; Marc, 14, 32 ; Jean, 18, 1-2. Quant aux mots son et accoutumé, ils ne sont que la traduction pure et simple de l’article déterminatif du grec, qui ne saurait avoir ici aucune autre signification.
Louis-Claude Fillion
Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu : au lieu qu'il avait en vue. La localité est clairement déterminée dans les autres narrations : c'était le jardin de Gethsémani. Voyez l'Evang. selon S. Matth. p. 512. - Il leur dit. S. Luc abrège et omet de dire que Jésus, en entrant dans le jardin, s'était séparé du plus grand nombre de ses disciples, ne gardant auprès de lui que S. Pierre, S. Jacques-le-Majeur et S. Jean (comp. Les récits parallèles). C'est à ces derniers seulement qu'il dit : Priez, afin que vous ne succombiez pas à la tentation. La mention de ces paroles avant l'agonie est une particularité de S. Luc.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Après le repas, le Seigneur ne se laisse aller ni à l'oisiveté, ni aux douceurs du repos, ni au sommeil, mais il s'applique à la prière et à l'enseignement: ce Lorsqu'il fut arrivé en ce lieu, il leur dit: Priez», etc.
Saint Bède le Vénérable
Il est impossible que l'âme de l'homme soit exempte de tentations. Aussi ne leur dit-il pas: Priez afin de n'être point tentés, mais: «Priez, afin de ne point entrer en tentation»; c'est-à-dire afin de n'être pas vaincus dans cette dernière tentation.
Saint Jean Chrysostome
Tout homme qui enseigne un art quelconque, doit joindre l'exemple aux paroles; c'est pourquoi Notre-Seigneur qui est venu nous enseigner toutes les vertus, conforme sa conduite à ses enseignements. Il nous fait un devoir de prier pour ne point entrer en tentation, il appuie ce précepte de son exemple: «Il priait, disant: Mon Père, si vous le voulez, éloignez de moi ce calice». Ces paroles: «Si vous le voulez»,ne supposent pas que le Sauveur ignorât que sa prière était agréable à son Père; car cette connaissance n'était pas plus difficile pour lui que la science de la nature du Père, que lui seul connaît dans toute son étendue, ainsi qu'il le déclare lui-même: «Comme mon Père me connaît, ainsi je connais mon Père» ( Jn 10). S'il parle de la sorte, ce n'est pas non plus pour éloigner sa passion, car comment admettre qu'il refusât d'être crucifié, lui qui, voyant un de ses Apôtres s'opposer à ses souffrances, l'avait repris sévèrement jusqu'à l'appeler Satan, après qu'il avait fait un si magnifique éloge de sa foi? ( Mt 16). Pour comprendre la raison de cette prière, considérez combien il était difficile de croire qu'un Dieu ineffable et incompréhensible, ait voulu se renfermer dans le sein d'une vierge, être nourri de son lait, et souffrir toutes les infirmités humaines. Or, comme tous les mystères de sa vie mortelle étaient presque incroyables, il envoya d'abord l es prophètes pour les prédire à l'avance; puis il vint lui-même revêtu d'une chair véritable (pour bien convaincre qu'il n'était pas un fantôme), et il permit que cette chair fût soumise à toutes les infirmités de la nature humaine; à la faim, à la soif, au sommeil, au travail, à la douleur, à l'angoisse, et c'est par suite du même dessein, et pour prouver la vérité de son humanité, qu'il demande à son Père d'éloigner de lui la mort.