Luc 22, 34
Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. »
Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. »
Jésus ne se borne plus à une simple insinuation, il
affirme catégoriquement. Il emploie cette fois, peut-être avec une certaine pointe d'ironie, le nom
messianique qu'il avait lui-même donné à son futur vicaire (Pierre au lieu de Simon), v. 31. - Le coq ne
chantera pas… Manière pittoresque de dire : Avant la prochaine aurore tu m'auras renié trois fois. Voyez
l'Evang. selon S. Matth. p. 511, et l'Evang. selon S. Marc. p. 198. - Les nuances qui existent entre les récits
évangéliques à propos de cette triste prédiction faite par Jésus à S. Pierre, et les places différentes qu'ils
paraissent lui attribuer, ont donné lieu à plusieurs interprétations. S. Augustin pense que Notre-Seigneur la
répéta jusqu'à trois reprises dans la soirée ; d'autres sont pour une seule prédiction diversement relatée ;
d'autres, en assez grand nombre (Cornelius a Lapide, Noël Alexandre, Luc de Bruges, Olshausen, Abbott,
Alford, Langen, van Oosterzee, etc.), supposent qu'elle fut prononcée au moins deux fois, d'abord au cénacle
d'après S. Luc et S. Jean (12, 36-38), puis sur le chemin de Gethsémani, d'après S. Matthieu (26, 30-35) et S.
Marc (14, 26-31). - Et il leur dit. Ces mots, qui seraient beaucoup mieux placés au verset suivant, inaugurent
le « Dialogue du glaive », vv. 35-38.
La grandeur de son amour l'enflamme et lui fait promettre l'impossible, tandis qu'il aurait dû ne point s'obstiner, en entendant la vérité même lui prédire qu'il succomberait à la tentation. Or, le Seigneur voyant ce langage présomptueux, lui précise la tentation à laquelle il doit succomber; et lui prédit qu'il le reniera «Jésus lui répondit: Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera point aujourd'hui que tu ne m'aies renié», etc.
Il nous donne ici une grande leçon, c'est que la volonté de l'homme ne peut rien sans le secours de Dieu. Pierre, en effet, malgré toute sa ferveur, fut abandonné de Dieu, et vaincu par l'ennemi du salut.
C'est-à-dire, j'ai préservé ta foi par mes prières, afin qu'elle ne vint point à défaillir. Souviens-toi donc aussi de fortifier la faiblesse de tes frères, afin qu'ils ne désespèrent point du pardon.
Tous les évangélistes racontent cette prédiction que le Sauveur fit à Pierre, qu'il le renierait, mais tous ne la racontent pas dans les mêmes circonstances. Saint Matthieu et saint Marc placent cette prédiction après que Notre-Seigneur fut sorti de la maison où il avait mangé la pâque; saint Luc et saint Jean, avant qu'il en fût sorti. Il nous serait facile de les concilier en disant que les deux derniers racontent cette prédiction, comme par récapitulation, et les deux autres par anticipation, si nous n'étions arrêtés par les paroles si diverses du Sauveur, et par les avertissements si différents, qui donnent lieu à Pierre de faire cette promesse si téméraire de mourir pour son Maître ou avec son Maître; ce qui nous force d'admettre que Pierre fit éclater trois fois sa confiance présomptueuse à l'occasion de trois divers discours du Seigneur, et qu'à trois reprises, le Seigneur lui répondit qu'il le renierait trois fois avant que le coq eût chanté.
Il est bon de savoir que Dieu permet quelquefois que les justes eux-mêmes fassent des chutes pour les guérir de l'orgueil dont ils se sont précédemment rendus coupables. Bie n que leurs fautes paraissent avoir les mêmes caractères que celles des autres, il y a cependant une grande différence; le juste, en effet, pèche comme par surprise, et presque sans le vouloir, tandis que les autres pèchent sans prendre aucun souci, ni d'eux-mêmes, ni de Dieu, et ne mettent même aucune distinction entre le péché et la vertu. Aussi ne doivent-ils pas être repris de la même manière, l'âme timorée a besoin d'être soutenue, et la réprimande qui lui est faite doit se borner à la faute qu'elle a commise. Quant aux autres, au contraire, qui ont détruit dans leur âme tout ce qu'il y avait de bien, il faut les soumettre aux châtiments, aux avertissements, aux reproches sévères, jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils ont pour juge un Dieu juste, et qu'ils en conçoivent une crainte salutaire.
Gardez-vous donc de tout sentiment d'orgueil, gardez-vous du monde, c'est à celui qui a dit: «Nous avons tout quitté pour vous suivre», ( Mt 19) que Notre-Seigneur commande de confirmer ses frères.
Le Sauveur prédit à Pierre, dont l'esprit était prompt mais dont la chair était faible, qu'il le renierait, car il ne pouvait égaler le courage et la force d'âme de son divin Maître. Notre-Seigneur, dans sa passion, peut avoir des imitateurs mais pas d'égaux.