Luc 21, 18
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
Promesse d'une protection toute
particulière durant la persécution. Nous avons déjà rencontré ailleurs (12, 7 ; Matth. 10, 30) cette assurance
donnée aux disciples par Jésus. La forme pittoresque sous laquelle elle est exprimée marque très bien la
sécurité. C'était du reste une locution proverbiale qui avait cours depuis longtemps chez les Juifs. Cfr. 1 Reg. 14, 45 ; 2 Reg. 14, 11 ; 3 Reg. 1, 52. Voyez aussi Act. 27, 34. Mais, ici, n'est-elle pas en contradiction avec le
v. 16, où il est dit « l'on fera mourir plusieurs d'entre vous » ? Plusieurs rationalistes l'ont prétendu. Toutefois,
comme l'admettent franchement d'autres rationalistes, l'antilogie n'est qu'apparente, et il est aisé de la faire
tomber, soit en suppléant quelque idée sous-entendue, par exemple : « Tant que vous serez utiles au service
de Dieu », ou bien : « Sans la volonté divine » (de Wette) ; soit en appliquant ce verset à l'église considérée
dans son ensemble : « La chrétienté ne souffrira rien de fâcheux, alors même que plusieurs particuliers
perdraient la vie » (Godet) ; soit en prenant la phrase au spirituel : « Votre salut est assuré quand même » ;
soit enfin, d'après M. Schegg, en voyant ici la règle et plus haut (v. 16) l'exception. Telle nous paraît être la
meilleure solution de la difficulté. Elle n'a rien de subtil et elle s'harmonise fort bien avec l'histoire qui nous
montre le Seigneur protégeant d'une manière merveilleuse la masse des fidèles, dans le cours des
persécutions, tout en permettant le martyre d'un grand nombre.
Mais comme ces prédictions qui leur montrent une mort cruelle en perspective ont quelque chose d'effrayant et de redoutable, il les console aussitôt par l'espérance des joies de la résurrection: «Cependant il ne se perdra pas un seul cheveu de votre tête», c'est-à-dire: Pourquoi craindriez-vous de voir périr ce que vous ne pouvez perdre sans douleur, puisque même ce qui peut vous être retranché sans vous causer aucune souffrance, ne peut périr?