Luc 20, 44
David l’appelle donc Seigneur : comment peut-il être son fils ? »
David l’appelle donc Seigneur : comment peut-il être son fils ? »
A la fin de son
raisonnement, Jésus réitère sa question en la précisant davantage : Comment est-il possible d'être en même
temps l'inférieur et le supérieur de quelqu'un ? Aujourd'hui, un enfant du catéchisme répondrait à cette
difficulté. Le Messie, dirait-il, est fils de David par sa génération temporelle, et le Seigneur de David par sa
génération éternelle. Mais c'était alors la plus délicate, la plus complexe des questions théologiques. Aussi,
pour la seconde fois dans ce jour mémorable, les Docteurs furent-ils contraints d'avouer leur ignorance. Cfr.
v. 7.
Notre-Seigneur les interroge donc lui-même, et après avoir fait naître le doute dans leur esprit, il leur laisse tirer la conséquence de ce qu'il vient de dire: «David l'appelle son Seigneur, comment peut-il être son fils».
Ou bien encore: Il est assis à la droite du Père, parce que sa gloire est la gloire souveraine de Dieu; ceux, en effet, qui ont un même trône, ont une même majesté. Or, cette expression figurée: être assis exprime la souveraineté et la puissance de Dieu sur toutes choses. Il est donc assis à la droite du Père, parce que le Verbe consubstantiel au Père n'a pas cessé d'être Dieu en se faisant homme.
Il ne faut pas entendre ces paroles «Asseyez-vous à ma droite», dans un sens matériel, comme si le Père était réellement assis à la gauche, et le Fils à la droite; mais la droite ici signifie la puissance de l'humanité unie à la divinité, puissance en vertu de laquelle le Sauveur viendra juger les hommes, lui qui, dans son premier avènement, était venu pour être jugé.
David est à la fois père et serviteur du Christ, père selon la chair, et serviteur selon l'esprit.
Croyons donc que Jésus-Christ est à la fois Dieu et homme, et que Dieu le Père lui a soumis tous ses ennemis; non qu e le Fils lui soit inférieur en puissance, mais parce qu'ils ont une seule et même nature, et que l'un opère nécessairement avec l'autre; car le Fils lui-même assujettit aussi ses ennemis à son Père, par la gloire qu'il lui procure sur la terre ( Jn 17).