Luc 20, 37
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
A l’endroit du buisson ; c’est-à-dire dans son récit relatif au buisson.
Après
avoir réfuté les idées préconçues des Sadducéens sur la condition des bienheureux dans l'autre vie (vv. 34 à
36), Notre-Seigneur, dans cette seconde partie de sa démonstration (vv. 37 et 38), leur prouve par les saintes
Écritures la certitude de la résurrection. Voyez l'explication détaillée dans l'Evang. selon S. Matth., p. 432. -
Moïse le montre lui-même : Moïse lui-même sur qui vous prétendez vous appuyer pour nier la résurrection
des morts. - A l'endroit du buisson. Ainsi que nous l'avons montré dans notre commentaire du second
Évangile, p. 175, cette locution désigne le chap. 3è de l'Exode, où est racontée l'apparition de Dieu à Moïse
auprès du buisson ardent. Comparez les exemples suivants empruntés au Talmud : Berach. Fol. 2, 1,
c'est-à-dire Is. 6, 6 ; fol. 4, 2, c'est à dire Dan. 9, 21. Voyez dans le commentaire de Fritzsche sur l'épître aux
Rom. 11, 2, l'emploi de formules analogues chez les écrivains romains et grecs. - Les deux autres
synoptiques citent directement les paroles du Seigneur à Moïse ; S. Luc se sert du langage indirect, pour
abréger.
A, la raison qu'il avait donnée plus haut, Notre-Seigneur ajoute le témoignage de l'Écriture: «Or, que les morts ressuscitent, Moïse le déclare lui-même dans le récit du buisson, quand il appelle le Seigneur, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob», c'est-à-dire: Si les patriarches étaient rentrés dans le néant, et ne vivaient pas en Dieu dans l'espérance de la résurrection, Dieu n'eût pas dit: «Je suis», mais: «J'ai été»; en effet, lorsque nous parlons des choses qui ne sont plus ou qui sont passées, nous disons: «J'étais maître de cette chose», mais Dieu dit au contraire: «Je suis le Dieu et le Seigneur des vivants; car tous sont vivants devant lui; et bien que c es patriarches soient morts pour les hommes, ils vivent à ses yeux dans l'espérance de la résurrection.
Les saints ne diminuent en rien le souverain domaine de Dieu, en appelant spécialement: «Mon Dieu», le Maître commun de l'univers; ils ne font que manifester l'étendue de leur amour, et agissent en cela comme ceux qui, dominés par une affection vive, ne veulent point que leur amour soit partagé par un grand nombre, mais qu'il soit pour ainsi dire exclusif et privilégié. Ainsi Dieu se dit spécialement le Dieu de ces patriarches, sans restreindre pour cela son domaine, mais en l'agrandissant au contraire; car ce qui étend le domaine de Dieu, ce n'est pas tant la multitude des créatures qui lui sont soumises, que la vertu de ses fidèles serviteurs. Aussi se glorifie-t-il moins d'être appelé le Dieu du ciel et de la terre, que le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. Voyez d'ailleurs parmi les hommes, les serviteurs sont désignés par le nom de leur maître (nous disons, par exemple, le fermier de tel seigneur), ici, au contraire, Dieu s'appelle le Dieu d'Abraham, son serviteur.