Luc 20, 25

Il leur dit : « Alors rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Il leur dit : « Alors rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Louis-Claude Fillion
Cette célèbre réponse de Jésus est reproduite de façon pratiquement identique par les trois évangélistes. Les tentateurs avaient demandé s'il était permis de donner le tribut : Jésus leur répond qu'ils sont tenus de le rendre, c'est-à-dire de le payer comme une dette. « Donc », car le Sauveur tire une conséquence de leur propre langage, v. 24. - A César ce qui est à César : l'impôt et tout ce qui est encore dû à César outre l'impôt, car Jésus élargit la pensée. - Et à Dieu ce qui est à Dieu. Cette parole du Sauveur, que l'Église catholique a toujours prise pour base de ses théories diplomatiques, démontre combien se trompent ceux qui prétendent que le Christianisme constitue un danger pour l'État. Voyez aussi Rom. 13, 6 et 7, où la même vérité est fortement inculquée. Mais n'entendrons-nous pas bientôt (23, 2) les Pharisiens affirmer que Jésus avait défendu de payer l'impôt à César ?
Saint Bède le Vénérable
Rendez aussi à Dieu ce qui appartient à Dieu, c'est-à-dire les dîmes, les prémices, les offrandes et les victimes.

Ceux qui pensent que le Seigneur interrogeait par ignorance, doivent reconnaître ici que Jésus pouvait parfaitement savoir de qui cette monnaie portait l'image, cependant il interroge les Juifs pour leur répondre d'après leurs propres paroles: «Ils lui répondirent: De César». Ce César n'est pas César Auguste, mais Tibère; car tous les empereurs romains, depuis le premier, Caius César, ont porté le nom de César. Notre-Seigneur résoud la difficulté qu'ils lui ont proposée, d'après leur réponse: «Et il leur dit :Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu».
Tite de Bostra
Comme s'il leur disait: Vous me tentez par vos paroles, conformez votre conduite à vos oeuvres; vous avez accepté la domination de César, vous jouissez des avantages qu'elle vous procure, rendez-lui donc le tribut, et à Dieu la crainte qui lui est due; car Dieu ne vous demande point votre argent, mais votre foi.
Saint Ambroise
Si donc vous ne voulez point vous rendre tributaire de César, ne désirez posséder aucune chose du monde. C'est avec raison qu'il veut qu'on rende d'abord à César ce qui lui appartient; car on ne peut se donner au Seigneur sans avoir tout d'abord renoncé au monde. Quelle grave responsabilité de promettre à Dieu et de ne rien donner ! Les obligations souscrites par la foi, sont plus pressantes que les obligations qui ont pour objet une somme d'argent.
Origène
Ce passage a aussi un sens mystique. En effet, il y a deux images dans l'homme, l'une qu'il a reçue de Dieu, comme il est écrit dans la Genèse: «Faisons l'homme à notre image», l'autre qui est l'image de son ennemi, et que le péché et la désobéissance ont comme gravée sur son âme, lorsqu'il s'est laissé gagner et entraîner par les séductions du prince de ce monde. Car de même qu'une pièce de monnaie porte l'image du roi de la terre, ainsi celui qui fait les oeuvres du prince des ténèbres, porte en lui l'image de celui dont il fait les oeuvres. Le Sauveur dit donc: «Rendez à César ce qui est à César»,c'est-à-dire: Effacez cette image terrestre, afin que, retraçant en vous l'image céleste, vous puissiez rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c'est-à-dire, l'aimer de tout votre coeur, car c'est là ce que Dieu demande de vous, comme Moïse le disait à son peuple ( Dt 10, 12). Or, Dieu nous le demande, ce n'est pas qu'il en ait besoin, mais parce qu'il veut rendre profitable à notre salut ce que nous lui avons donné.