Luc 2, 5
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Pour se
faire enregistrer avec Marie son épouse. Marie était-elle donc tenue de comparaître personnellement à
Bethléem ? Beaucoup d'interprètes l'ont pensé à la suite de plusieurs Pères. Elle était, disent-ils, fille unique
et héritière, et en cette qualité, il fallait qu'elle vînt elle-même se faire enregistrer. Selon d'autres, elle avait
accompagné librement S. Joseph à Bethléem. Comprenant que « la Providence disposait ainsi des
événements et qu'elle voulait que Jésus-Christ naquît à Bethléem pour accomplis les prophéties qui l'avaient
ainsi marqué » (Calmet, h. l.), elle s'était mise généreusement en route, s'abandonnant sans réserve à la
conduite de Dieu. Les mots son épouse décrivent avec une exquise délicatesse la condition actuelle de Marie.
Elle était maintenant l'épouse de Joseph, leur mariage ayant été célébré quelque temps après qu'elle fut
revenue d'Hébron (comp. L'Evang. Selon S. Matth. pp. 41 et ss.) ; mais elle était demeurée vierge comme
une fiancée : de là cette surprenante association d'idées.
Il convenait que le Christ remplaçât la religion du polythéisme par le culte d'un seul Dieu.
Ces paroles signifient que ce dénombrement fut le premier de ceux qui s'étendirent à tout l'univers, puisque plusieurs parties du monde avaient déjà été soumises à ce dénombrement; ou bien que l'opération du recensement commença lorsque Cyrinus fut envoyé en Syrie.
Il remplit aussi parfaitement la signification du nom d'Auguste, puisqu'il a tout à la fois la volonté et la puissance nécessaires pour augmenter le nombre des siens.
De même qu'alors sous l'empire d'Auguste et le gouvernement de Cyrinus, chacun allait dans son pays pour s'y faire enregistrer et y déclarer ses biens; de même aussi sous l'empire de Jésus-Christ, qui nous gouverne par les docteurs (chefs de son Église), nous devons nous soumettre au recensement qui a pour objet la pratique de la justice.
Dans le sens mystique, le dénombrement du monde s'opère lorsque le Seigneur est sur le point de naître, parce qu'on allait voir paraître dans une chair mortelle celui qui inscrivait le nom de ses élus sur les livres de l'éternité.
L'auteur sacré dit: sa fiancée, insinuant que Joseph et Marie n'étaient que fiancés au moment de la conception; car cette conception s'est faite toute entière en dehors de l'action de l'homme.
L'Évangéliste fait mention du nom du gouverneur, et avec raison, pour bien préciser l'époque dont il parle; si, en effet, on inscrit en tête des contrats de vente le nom des consuls, n'est-il pas bien plus juste de déterminer d'une manière certaine, par cette inscription, le temps de la rédemption du monde ?
Il ne s'agit extérieurement que d'un dénombrement profane; mais nous y voyons s'a ccomplir le recensement spirituel qui se fait, non pour le roi de la terre, mais pour le roi des cieux. La profession de la foi chrétienne, c'est le recensement des âmes; l'antique recensement de la synagogue n'existe plus, le nouveau recensement de l'Église chrétienne lui succède. Enfin ce dénombrement doit s'étendre à tout l'univers, n'est-ce pas vous dire que ce n'est pas le dénombrement d'Auguste, mais celui de Jésus-Christ? car qui pouvait décréter le recensement du monde entier, si ce n'est le Maître souverain de tout l'univers. La terre, en effet, est à Dieu ( Ps 23), et non pas à César.
Si nous voulons y faire attention, nous découvrirons la signification mystérieuse de l'inscription du Christ dans le dénombrement de l'univers. Il fut inscrit sur le registre commun à tous, pour les sanctifier tous; il fut compris dans le dénombrement de tout l'univers, pour entrer ainsi en communion avec tous les hommes.