Luc 19, 38
et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »
et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »
Les acclamations du peuple, d'abord conformes dans notre Évangile à
celles des autres synoptiques (hormis l'addition de roi, qui correspond toutefois à une idée analogue de S.
Marc, 11, 10), prennent ensuite un caractère particulier : Paix dans le ciel, et gloire au plus haut des cieux !
On croirait entendre un écho du cantique des anges, 2, 14. « Paix au ciel » : le ciel est en paix avec nous,
grâce à la médiation, à l'oblation volontaire du Christ. Cfr. Rom. 5, 1 ; Col. 1, 20 ; 2, 14, 15.
C'est-à-dire que la guerre que nous faisions depuis si longtemps à Dieu a enfin cessé: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux !» parce qu'en effet les anges louent Dieu d'avoir opéré cette réconciliation, car n'est-ce pas une preuve que Dieu est en paix avec nous, de le voir se manifester sous une forme visible au milieu même de ses ennemis? Cependant les pharisiens murmuraient d'e ntendre la foule le proclamer roi, et le louer comme un Dieu. Lui donner le nom de roi, c'est à leurs yeux un acte de sédition, lui donner celui, de Dieu un blasphème «Alors quelques pharisiens qui étaient parmi le peuple, lui dirent: Maître, faites taire vos disciples».
C'est-à-dire, au nom de Dieu le Père; bien qu'on puisse entendre aussi, en son propre nom, car il est Dieu lui-même; mais il vaut mieux adopter ici le sens que nous indiquent les propres paroles: «Je suis venu, nous dit-il, au nom de mon Père», ( Jn 5, 43) car Jésus est le maître et le modèle de l'humilité. Si donc il consent à être appelé roi, ce n'est ni pour exiger des impôts, lever des armées, et combattre visiblement contre ses ennemis; mais parce qu'il est le roi des coeurs, et qu'il veut con duire dans le royaume des cieux tous ceux qui croient, espèrent en lui, et qui l'aiment; car s'il a voulu être roi d'Israël, c'est pour nous montrer sa miséricorde et non pour augmenter sa puissance. Or, comme Jésus-Christ s'est manifesté dans une chair mortelle pour être la victime de propitiation du monde entier, le ciel est la terre s'unissent dans un admirable concert pour célébrer ses louanges. A sa naissance, les armées des cieux ont chanté un cantique de louanges sur son berceau, et lorsqu'il est sur le point de retourner dans les cieux, les hommes publient à leur tour ses louanges: «Paix dans les cieux !»
La foule reconnaît sa dignité, elle l'appelle son roi, elle lui applique les oracles des prophètes, et proclame que le Fils de David selon la chair qu'ils attendaient, est arrivé: «Béni soit, disaient ils, le roi qui vient au nom du Seigneur !»