Luc 19, 37
Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus,
Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus,
Précieuse note topographique, spéciale à S. Luc. « Trois chemins
conduisent de Béthanie à Jérusalem. L'un d'eux se glisse entre les pointes septentrionale et centrale du mont
des Oliviers ; un autre gravit sa cime la plus élevée, pour descendre ensuite en traversant le village moderne
d'El-Tour ; le troisième, qui est et doit toujours avoir été la route proprement dite, contourne la masse du
centre, passant entre elle et le mont du Scandale. Les deux autres sont plutôt des sentiers de montagne que de
vrais chemins, et, comme Jésus était accompagné d'un si grand nombre de disciples, il est clair qu'il dut
prendre cette route, la plus commode des trois », Farrar, Life of Christ, 23è éd., t. 2, p. 195 et s. Voyez Riess,
Atlas de la Bible, pl. 6. C'est donc au moment où le cortège, après avoir franchi le versant oriental du mont des Oliviers, arrivait à l'endroit où le chemin débouche tout à coup sur le flanc occidental, que les
acclamations de la foule commencèrent. Là en effet, la ville, auparavant cachée par la cime de la colline,
apparaissait subitement dans toute sa splendeur. Si, maintenant qu'elle n'est plus qu'un pâle reflet de son
ancienne beauté, elle présente encore de ce lieu aux regards du pèlerin un magnifique panorama, qu'il lui
impossible de jamais oublier, que n'était-ce pas dans ces temps, où on la regardait à juste titre comme une des
merveilles du monde (Tacite, Hist. 5, 8) ? Le temple surtout se montrait de là tout rayonnant de grâce. Voyez
l'Evang. selon S. Matth., p. 454 ; Porter, Handbook for Syria and Palestine, p. 138. On conçoit donc qu'en
face de ce spectacle admirable, rehaussé à cette époque de l'année par les charmes du printemps, qu'en face
de la capitale et du palais du Messie, l'enthousiasme de la multitude qui escortait Jésus n'ait pu se contenir. -
Les foules des disciples : des disciples dans le sens le plus large de cette expression. - Se mirent à louer… Ce
trait, propre au troisième Évangile, fait déjà ressortir d'une manière générale le caractère religieux de cette
belle manifestation populaire. - A haute voix est pittoresque. - Pour toutes les merveilles (voyez l'Evang.
selon S. Matth. p. 151) : c'est-à-dire, à propos des nombreux miracles du Sauveur dont ils avaient été
témoins, mais spécialement, ajoute S. Jean, 12, 17, à propos de la résurrection de Lazare.
Ou bien encore, ces deux disciples figurent les deux ordres des prophètes et des Apôtres qui doivent amener à l'Église, et soumettre à Jésus-Christ le peuple des Gentils, Us amènent cet ânon d'un simple village, pour signifier la grossièreté et l'ignorance de ce peuple avant sa conversion.
La GloseLes disciples témoignent ici leur empressement et leur zèle pour Jésus-Christ, non seulement en lui amenant l'ânon qui ne leur appartenait pas, mais en se dépouillant de leurs propres vêtements qu'ils jetèrent sur l'ânon, et qu'ils étendirent le long du chemin: «Et ils l'amenèrent à Jésus, et jetant leurs vêtements sur l'ânon», etc.
D'après les autres évangélistes, ce ne furent pas seulement les disciples, mais une grande partie de la foule, qui étendirent leurs vêtements le long du chemin.
Les villes dont il est ici question, sont situées sur le versant du mont des Oliviers, c'est-à-dire sur le Seigneur lui-même, qui entretient l'onction des grâces spirituelles par la double lumière de la science et de la piété.
Ne soyez pas surpris que saint Matthieu parle de l'ânesse et de son ânon, tandis que les autres ne disent rien de l'ânesse; car lorsque deux faits peuvent se concilier, il n'y a aucune contradiction à les admettre, alors même que chaque évangéliste y mêlerait des circonstances différentes, a plus forte raison quand un évangéliste raconte une circonstance qu'un autre passe tout simplement sous silence.
Il y eut ici un ordre divin bien clairement connu, car personne ne peut résister à Dieu, quand il réclame ce qui lui appartient. Or, les disciples chargés de conduire cet ânon, ne refusèrent point de remplir cette office comme peu relevé, mais ils partirent aussitôt pour l'amener: «Ceux qui étaient envoyés, s'en allèrent», etc.
Dans le sens figuré, Notre-Seigneur vient sur la montagne des Oliviers, pour planter de nouveaux oliviers en vertu de sa souveraine puissance; or, cette montagne, c'est Jésus-Christ lui-même, car quel autre que lui pourrait produire ces olives fécondées par la plénitude de l'Esprit?
Ces deux disciples envoyés pour délier l'ânon, ne parlent point en leur propre nom, ils reproduisent les paroles de Jésus, pour vous apprendre que ce n'est point par la vertu de leurs discours, mais par la parole de Dieu, ni en leur nom, mais au nom de Jésus-Christ qu'ils ont converti les Gentils à la foi, et que les puissances ennemies qui exerçaient sur les nations un empire tyrannique ont cédé devant l'ordre de Dieu.
Ce n'est pas que le Maître du monde trouve aucun plaisir à être ainsi porté par une ânesse; mais cette action est un emblème mystérieux de sa présence sur le siège intime de notre âme où il est assis comme un guide invisible pour diriger les démarches de notre âme, et réprimer tous les mouvements de la concupiscence de la chair par la vertu de sa parole dont il se sert à la fois comme de rênes et d'aiguillon.
C'est ainsi que nous devons accepter avec empressement et avec zèle les plus humbles fonctions, persuadés qu'aucune action n'est petite lorsqu'elle est faite en vue de Dieu, et qu'elle est digne du royaume des cieux.
Béthanie veut dire maison d'obéissance, et Bethphagé, ville habitée par les prêtres, signifie maison des mâchoires, parce que la loi attribuait aux prêtres les mâchoires des victimes dans les sacrifices. C'est donc dans la maison de l'obéissance et dans une ville habitée par les prêtres, que le Sauveur envoie ses disciples pour délier le petit de l'ânesse.
Cet ânon avait donc plusieurs maîtres avant que le Sauveur en eût besoin, mais dès qu'il en fut devenu le véritable maître, les autres cessèrent d'avoir autorité sur lui, car personne ne peut servir Dieu et l'argent ( Mt 12). Lorsque nous étions esclaves du péché, nous étions sous la domination d'une multitude de passions et de vices. Or, le Seigneur déclare qu'il a besoin de l'ânon, parce que son grand désir est de rompre les liens qui nous attachent au péché.
Ce n'est pas sans raison que le lieu où l'ânesse et l'ânon se trouvaient attachés, était un village; parce que la terre tout entière, en comparaison du monde céleste, n'est elle-même que comme un simple hameau.
Les disciples jettent leurs vêtements sur l'ânon et y font asseoir le Sauveur, lorsqu'ils prennent la parole de Dieu et la déposent sur l'âme de ceux qui les écoutent. Ils se dépouillent de leurs vêtements, et les étendent le long du chemin; les vêtements des Apôtres, ce sont leurs bonnes oeuvres, et il est vrai de dire que l'ânon délié par les disciples, et qui porte Jésus, marchent sur les vêtements des Apôtres, quand il pratique leur doctrine et qu'il imite leurs vertus. Qui de nous est assez heureux pour porter ainsi Jésus?