Luc 19, 3
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Charmants détails, naïvement et gracieusement dépeints. Il cherchait : le temps indique des efforts réitérés, mais constamment frustrés… A voir qui était Jésus ; c'est-à-dire, d'après
Maldonat et plusieurs autres « à le distinguer dans cette foule compacte et confuse » ; plus simplement et
beaucoup mieux, croyons-nous, « Que disaient de lui son visage et sa façon de se vêtir ? ». Désir bien
légitime, en toute hypothèse, car on aime à connaître de visu les hommes célèbres, et Jésus avait alors une
réputation sans pareille. Mais, comme nous le disent les Pères, ce n'était pas uniquement la curiosité naturelle
qui portait Zachée à contempler de près Notre-Seigneur : un commencement de foi s'agitait dans son cœur
envers Celui qu'il savait être, au rebours du sentiment universel, l'ami dévoué des publicains. « Une semence
de salut se multipliait en lui parce qu’il désirait voir Jésus », Titus Bostr. (Cat. D. Thom.).
Il est facile de tirer de ce récit des inductions morales. Ainsi celui qui a sur les autres la triste prééminence du vice, est très petit au point de vue spirituel, et il ne peut voir Jésus à cause de la foule, car embarrassé qu'il est par ses passions et par les préoccupations du monde, il ne voit point Jésus marcher, c'est-à-dire agir en nous, et il ne reconnaît aucune de ses opérations. Il monte sur un sycomore (c'est-à-dire qu'il s'élève au-dessus des fausses douceurs de la volupté figurées par cet arbre), il le domine, et de cette hauteur, il voit Jésus-Christ et en est vu.
La semence du salut avait germé dans son âme, puisqu'il désirait voir Jésus: « Et il cherchait à voir Jésus pour le connaître ». Il ne l'avait jamais vu, car s'il l'eût vu une seule fois, il aurait renoncé depuis longtemps aux injustices de sa vie; en effet, lorsqu'on a vu Jésus, il est impossible de persévérer dans l'iniquité. Or, deux choses s'opposaient à ce que Zachée pût voir Jésus: il en était empêché par la foule, moins des hommes que de ses péchés et de ses crimes, et il était d'ailleurs petit de taille: «Et il ne le pouvait à cause de la foule, parce qu'il était fort petit», ajoute l'Évangéliste.
Pourquoi me faire un crime de chercher à ramener les pécheurs? Je suis si loin de les haïr, qu'ils sont la cause de ma venue sur la terre; je suis venu comme médecin et non comme juge, aussi je ne dédaigne pas de devenir le convive des malades, et je supporte la mauvaise odeur de leurs plaies, afin de pouvoir y appliquer des remèdes plus efficaces. Mais on me demandera comment saint Paul défend aux chrétiens de manger avec un de leurs frères qui serait ou fornicateur, ou avare ( 1Co 5,11 ), tandis que nous voyons Jésus-Christ s'asseoir à la table des publicains. Je réponds que les publicains n'étaient pas encore élevés à la dignité de frères; et d'ailleurs saint Paul défend tout commerce avec ceux de nos frères qui persévèrent dans le mal. Or, tels n'étaient point les publicains avec qui le Sauveur ne dédaignait pas de manger.