Luc 18, 23

Mais entendant ces paroles, l’homme devint profondément triste, car il était très riche.

Mais entendant ces paroles, l’homme devint profondément triste, car il était très riche.
Louis-Claude Fillion
C'était trop pour sa vertu : il voulait les choses du ciel, mais à condition de ne pas abandonner celles de la terre. - Fut attristé : Le texte grec marque un sentiment de tristesse poignante.
Saint Théophylacte d'Ohrid
L'outrage contre les parents est un grand crime, mais comme ce crime est peu fréquent, Notre-Seigneur le place en dernier lieu: «Honorez votre père et votre mère».

«Vendez tout ce que vous avez»; le Sauveur conseille donc la pauvreté absolue, si vous vous réservez quelque chose, ou s'il vous reste quelque partie de votre bien, vous en êtes l'esclave.

Le chrétien doit joindre, en effet, à la pauvreté toutes les autres vertus, c'est pour cela que Jésus dit à ce jeune homme: «Et venez, et suivez-moi», c'est-à-dire soyez mon disciple en tout, et suivez-moi constamment.
Saint Bède le Vénérable
On peut admettre aussi que sans faire de mensonge, il a simplement avoué quelle avait été sa vie extérieure, autrement saint Marc n'aurait pas ajouté que Jésus, ayant jeté les yeux sur lui, conçut pour lui de l'affection.

Que celui donc qui veut être parfait, vende tous ses biens, non en partie, comme Ananie et Saphire, mais sans réserver rien absolument.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Ce jeune homme de qualité s'attendait à ce que Jésus lui dit: «Laissez les commandements de la loi de Moïse, et suivez les miens»; mais au contraire, le Sauveur le renvoie aux préceptes de la loi: «Vous ne tuerez point, vous ne commettrez pas d'adultère», etc. La loi cherche d'abord à prévenir les fautes dans lesquelles nous tombons plus facilement, comme la fornication et l'adultère, pour lesquels nous avons en nous un penchant naturel, et l'homicide, parce que la fureur fait de nous comme autant de bêtes féroces. Le vol et le faux témoignage sont des crimes que l'on commet plus rarement, et qui sont généralement moins graves que les précédentes. Aussi Notre-Seigneur place en second lieu le vol et le faux témoignage, parce qu'ils sont de moindre gravité, et entraînent moins souvent les hommes.

Mais cet homme de qualité n'était point capable de contenir ce vin nouveau, il était comme ces outres trop vieilles dont parle Notre-Seigneur ( Mt 9; Mc 2 ; Lc 5), et il fut brisé par la tristesse: «Mais lui, entendant ces paroles, devint triste, parce qu'il était fort riche».
Saint Augustin
Le récit de saint Matthieu présente ici une différence ( Mt 19); Notre-Seigneur dit à ce jeune homme: «Pourquoi m'interrogez-vous sur ce qui est bon ?» ce qui répond plus directement à cette question: Quel bien dois-je faire ?» etc., car ces paroles renferment une question qui a pour objet ce qui est bien. On peut donc parfaitement admettre que Notre-Seigneur a fait ces deux réponses: «Pourquoi m'appelez-vous bon ?» et «pourquoi m'interrogez-vous sur ce qui est bon ?» deux choses, dont l'une revient à l'autre.
Tite de Bostra
Après lui avoir donné la connaissance de la foi, le Sauveur ajoute: «Vous connaissez les commandements ?» comme s'il lui disait: Après avoir commencé par connaître Dieu, il est naturel que vous cherchiez à savoir ce que vous devez faire.
Saint Jérôme
Ce jeune homme fait ici un mensonge. En effet, s'il ava it accompli le commandement suivant: «Vous aimerez le prochain comme vous-même», il ne se serait pas retiré plein de tristesse en entendant ces paroles: «Allez, vendez tout ce que vous avez, et donnez-le aux pauvres».
Saint Jean Chrysostome
Ou bien encore, je ne craindrai pas d'avancer que ce jeune homme de qualité ne venait point pour surprendre Jésus-Christ, mais qu'il était avare (car le Sa uveur lui en fait un reproche indirect).

Dieu, sans doute, pouvait nourrir les pauvres sans l'intermédiaire de notre compassion pour eux, mais il a voulu établir des liens de charité entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent.

Mais comment Jésus-Christ enseigne-t-il que la perfection consiste à distribuer tous ses biens aux pauvres, tandis que saint Paul déclare que sans la charité, c'est une oeuvre très-imparfaite? Ce qui suit fait disparaître toute opposition entre le maître et le disciple: «Alors, venez et suivez-moi», ce qui ne peut se faire que par un motif de charité; «car tous reconnaîtrons que vous êtes mes disciples, si vous avez la charité les uns pour les autres» ( Jn 17).
Saint Ambroise
C'était pour tenter le Sauveur que cet homme l'appelle bon Maître, lui qui aurait dû l'appeler Dieu bon: car bien que la divinité soit inséparable de la bonté, comme la bonté de la D ivinité, cependant en l'appelant bon Maître, il ne confesse sa bonté que dans un sens non général, mais particulier, car Dieu est bon dans le sens le plus étendu de ce mot, tandis que l'homme ne l'est que d'une manière limitée.

Or, cet honneur ne consiste pas seulement dans le respect qu'on leur témoigne, mais dans l'assistance qu'on leur donne; car c'est leur rendre honneur que de les assister en reconnaissance de leurs bienfaits. Nourrissez votre père, nourrissez votre mère; et lorsque vous les aurez nourris, vous n'aurez pas encore payé les douleurs et les déchirements que votre mère a soufferts pour vous. Vous devez à votre père ce que vous avez, à votre mère ce que vous êtes. Quel jugement sévère vous attend si l'Église nourrit ceux que vous avez refusé de nourrir. Mais, direz-vous, je préfère donner à l'Église, ce que je donnerai à mes parents. Le Seigneur ne veut pas d'un don qui condamne vos parents à mourir de faim. Cependant, de même que l'Écriture fait un devoir de nourrir ses parents, ainsi elle commande de les quitter pour Dieu, s'ils sont un obstacle aux sentiments religieux de l'âme.
Saint Basile le Grand
Par voleurs, il ne faut pas seulement entendre les coupeurs de bourse, et ceux qui font métier de voler dans les bains, mais encore ceux qui sont placés à la tête des légions, ou préposés au gouvernement des villes et des provinces, les premiers volent furtivement, les seconds emploient la violence et la force ouverte.
Saint Athanase
Ne pensons pas, en effet, avoir fa it un grand sacrifice en renonçant aux biens de ce monde; car la terre tout entière est bien petite en comparaison du ciel; fussions-nous donc maîtres de toute la terre, le sacrifice que nous en ferions ne serait rien en comparaison du royaume des cieux.