Luc 18, 19
Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Jésus dit : « Qu'as-tu à m'interroger sur ce qui est bon ? Un seul est le Bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mt 19, 17). Dans la version des évangélistes Marc et Luc, la question est ainsi formulée : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul » (Mc 10, 18 ; cf. Lc 18, 19).
Avant de répondre à la question, Jésus veut que le jeune homme clarifie pour lui-même le motif de sa démarche. Le « bon Maître » montre à son interlocuteur — et à nous tous — que la réponse à l'interrogation « que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ? » ne peut être trouvée qu'en orientant son esprit et son cœur vers Celui qui « seul est le Bon » : « Nul n'est bon que Dieu seul » (Mc 10, 18 ; cf. Lc 18, 19). Dieu seul peut répondre à la question sur le bien, parce qu'il est le Bien.
Notre-Seigneur, au début de sa réponse, semble traiter d'une manière bien sévère un homme qui
l'interrogeait avec candeur et humilité. Mais il voulait éviter tout malentendu, et montrer à son interlocuteur
qu'il n'acceptait pas le titre de Bon Maître dans un sens vulgaire, comme s'il eût été un simple Docteur juif. -
Nul n'est bon, si ce n'est Dieu. Assertion claire comme le jour, si l'on envisage, et c'est le cas, toute l'étendue
de la bonté. Comparez le mot de Platon, Phaed. 27 : « Être un homme bon est impossible ; Dieu seul peut
avoir cet honneur ». Cfr. 1 Joan. 3, 5.
Ce jeune homme s'imagina qu'il allait surprendre Jésus-Christ, qui peut-être en lui répondant jetterait le blâme sur la loi de Moise pour lui substituer ses propres commandements. Il s'approche donc du divin Maître, et en l'appelant bon maître, il lui dit qu'il vient dans l'intention de s'instruire, tandis qu'il ne venait que pour lui tendre un piége. Mais celui qui surprend les sages dans leur propre finesse ( Jb 5, 13; 1 Co 3, 50), lui fait une réponse digne de lui: «Jésus lui dit: Pourquoi m'appelez-vous bon? nul n'est bon que Dieu seul».
Il ne nie pas qu'il ne soit bon, mais il fait entrevoir qu'il est Dieu; car celui-là seul est bon qui a la plénitude de la bonté. Vous êtes impressionné de ces paroles: «Nul n'est bon», mais faites donc attention à celles qui suivent: «Si ce n'est Dieu». Si vous ne pouvez concevoir Dieu sans son Fils, vous ne pouvez concevoir Jésus-Christ sans la bonté; car comment pourrait-il n'être pas bon, étant né de celui qui est la bonté par essence? Car tout bon arbre produit de bons fruits ( Mt 7). Comment pourrait-il n'être pas bon, puisque la substance de sa bonté qu'il a reçue du Père n'est point dégénérée dans le Fils, de même qu'elle n'est point dégénérée dans l'Esprit saint: «Votre bon Esprit, dit le Psalmiste, me condu ira dans la terre de la justice» ( Ps 140). Or, si l'Esprit est bon de la bonté qu'il a reçue du Fils, comment le Fils, qui est le principe de cette bonté, ne serait-il pas bon lui-même? Mais comme celui qui venait pour tenter Jésus-Christ était un docteur de la loi, ainsi que nous l'avons démontré dans un autre livre, le Sauveur lui répond on ne peut plus à propos: «Nul n'est bon, si ce n'est Dieu», afin de lui rappeler qu'il est écrit: «Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu», et de le porter à rendre gloire au Seigneur, parce qu'il est bon ( Ps 117; 135).