Luc 18, 10
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Deux hommes montèrent au temple, parce que le temple étant sur le mont Moriah, il fallait monter pour s’y rendre.
Deux hommes. Ces deux personnages sont des types bien connus, choisis aux antipodes de la
société juive contemporaine de Notre-Seigneur. Le premier, Pharisien, représente la perfection des mœurs,
l'orthodoxie complète de la foi : l'autre, publicain, la démoralisation et l'indifférence religieuse. Autant
celui-là était estimé, vénéré, autant celui-ci était souverainement méprisé. - Ils montèrent au temple pour
prier. Le temple était en effet, comme nos églises, « une maison de prières », 19, 46, et les pieux Israélites
aimaient à s'y rendre pour invoquer Jéhovah, spécialement à certaines heures consacrées, telles qu'étaient
celles de l'encensement, du sacrifice quotidien. Voyez Jahn, Arch. § 396. Le verbe « monter » est d'une
parfaite exactitude topologique, car le temple était bâti sur le mont Moria.
L'orgueil est de toutes les passions celle qui tourmente le plus le coeur des hommes, aussi le Sauveur en fait-il plus souvent la matière de ses enseignements. Or, l'orgueil est le mépris de Dieu, car toutes les fois qu'on s'attribue à soi-même le bien qu'on fait, au lieu d'en renvoyer à Dieu la gloire, c'est une véritable négation de Dieu (cf. Jb 31,27 ). Cette parabole est donc à l'adresse de ceux qui se confient en eux-mêmes, ne renvoient pas à Dieu la gloire de leurs bonnes oeuvres, et qui, pour cela, n'ont que du mépris pour les autres. Notre-Seigneur veut nous y apprendre que lors même que la justice approcherait l'homme de Dieu, si elle est entachée d'orgueil, elle le précipite dans l'abîme: «Deux hommes montèrent au temple»,etc.