Luc 17, 22
Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas.
Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas.
Quelques chrétiens voudraient voir, tout de suite, le triomphe complet du Christ et de son Eglise, mais la Providence le veut autrement, et diffère cet heureux temps. Le Fils de l’homme sera révélé subitement (voir verset 24) au moment où l’on y pensera le moins, comme aux jours de Noé.
Après cette brève mais solide réponse, Jésus ne devait plus
rien à des ennemis insidieux. Il leur avait montré le véritable idéal de son royaume ; il avait essayé de tourner
vers le présent leurs regards qu'ils dirigeaient trop du côté de l'avenir : cela suffisait. A eux maintenant de
rentrer en eux-mêmes ! C'est à ses disciples qu'il adresse la suite de son discours. Développant le même sujet,
mais passant du premier avènement au second, de la fondation du royaume messianique à sa consommation,
il insiste sur les dangers qui rempliront l'ère finale du monde afin de nous les faire éviter. Ses enseignements
se groupent autour de trois pensées, qui correspondent aux vv. 22-25, 26-30, 31-37. Première pensée : Ce que
sera la fin des temps, et ce que le Christ doit d'abord subir. - Des jours viendront… jours de peines et de
tribulations pour les disciples de Jésus. Aussi, durant ces heures terribles, désireront-ils ardemment voir un
jour du Fils de l'homme, mais sans que ce désir soit satisfait. Par ce « jour du Fils de l'homme », auquel
aspireront les fidèles comme à un doux rafraîchissement au milieu de leurs souffrances, les uns (Kuinoel,
Stier, Ewald, von Burger etc.) entendent le passé, c'est-à-dire le temps où vivait Notre-Seigneur, les heureux
instants durant lesquels les premiers disciples jouissaient de sa société visible ; les autres (Olshausen, Bleek,
Meyer, etc.) l'avenir, l'époque du retour glorieux de Jésus à la fin du monde. L'emploi de la même locution
dans ce second sens aux vv. 24, 26 et 30 nous porte à lui accorder nos préférences. Les épîtres de S. Paul,
celles surtout qu'il écrivit aux Thessaloniciens, attestent le vif désir qu'avaient les premiers chrétiens de voir
arriver les derniers jours, pour jouir au plus tôt du Christ.
Il dit avec raison: «Comme l'éclair qui brille sous un côté du ciel», parce que le jugement dernier se fera sous le ciel (c'est-à-dire, au milieu des airs), D'après ces paroles de l'Apôtre: «Nous qui vivons, qui sommes restés, nous serons emportés avec eux dans les nuées au-devant du Christ dans les airs». ( 1Th 4 ). Or, si le Seigneur apparaît alors comme l'éclair, personne donc ne pourra demeurer caché dans son intérieur, pénétré qu'il sera par cette lumière éclatante qui environnera le juge. On peut encore entendre ces paroles de cet avènement du Sauveur qui se fait tous les jours dans l'Église. En effet, en proclamant que leur doctrine seule conservait la foi de Jésus-Christ, les hérétiques ont souvent troublé l'Église à ce point, que les fidèles qui vivaient alors ont désiré que le Sauveur revint, s'il était possible, un seul jour sur la terre, pour déclarer lui-même quelle était la foi véritable: «Et vous ne le verrez pas», ajoute-t-il, parce qu'il n'est pas nécessaire que le Seigneur revienne visiblement pour enseigner de nouveau la doctrine qu'il a répandue par tout l'univers par les divines clartés de l'Évangile.