Luc 15, 12
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Donnez-moi la portion de votre bien qui doit me revenir. D’après la loi, le cadet avait la moitié de moins que l’aîné.
Le plus jeune des deux… On ne doit pas trop
presser cette circonstance, car rien ne montre qu'il y ait eu une notable différence d'âge entre les deux frères.
- Mon père : appellation de tendresse qui laisse à la demande du jeune fils tout son caractère odieux,
dénaturé. Ce n'est d'ailleurs qu'un simple palliatif. - Donne-moi… L'ingrat expose sa requête sous une forme
quasi légale ; le langage qu'il emploie est aussi technique que celui d'un juriste. Voyez Sevin, Synopt.
Erklaerung der drei ersten Evang. h. l. Il semble réclamer comme un droit, non comme une faveur, ce partage
prématuré. Le ton, non moins que la chose même, fait pressentir jusqu'à quel point son cœur a perdu tout
sentiment filial. La part dont il demandait le paiement immédiat était probablement la part d'héritage qui
devait lui revenir après la mort de son père. D'après la loi juive (Deut. 21, 17. Cfr. Michaelis, Mosaisches
Recht, § 79), elle ne consistait, pour les cadets, qu'en la moitié de celle de l'aîné. - Tel est le premier pas du
prodigue vers le mal : il veut être libre, il veut jouir. Mais, d'après les principes de ce monde, il n'y a ni
liberté ni plaisirs sans argent. C'est pour cela que le jeune fils désire être mis au plus tôt en possession de sa
fortune. Image des pécheurs, dont la vie criminelle commence d'ordinaire par un amour immodéré de
l'indépendance, de la jouissance : ils trouvent le joug divin trop lourd, et ils le rejettent impatiemment de
leurs épaules. - Le père partagea... Quoique rien ne l'y forçât, le père accède à la demande de son fils.
Essayer de le retenir malgré lui au sein de la famille dans son état d'âme actuel eût été peine perdue, ou
même un mal pire que ceux qu'on pouvait redouter. C'est ainsi que Dieu nous laisse libres de l'abandonner,
d'abuser de ses dons pour l'offenser, permettant que nous découvrions, après une triste expérience, combien
son service est doux quand on le compare à la tyrannie du monde et des passions. - D'après le contexte, v. 29,
le père, après avoir divisé ses biens entre ses deux fils, mit seulement le cadet en possession de la part qui lui
revenait, et garda celle de l'aîné en qualité d'administrateur.
Le plus jeune de ces deux fils, dont l'esprit n'était pas encore arrivé à la maturité, s'en va donc et demande à son père la portion de l'héritage qui doit lui revenir, afin de n'être plus dans la nécessité de lui être soumis, car nous sommes des êtres raisonnables doués de la faculté du libre arbitre.
Le père, dit l'Évangile, leur partagea donc également son bien, c'est-à-dire la science du bien et du mal, source de richesses vraies et durables pour l'âme qui sait en faire un bon usage. En effet, la faculté de la raison que l'homme reçoit de Dieu en naissant est donnée également à tous ceux qui viennent au monde; mais dans la suite, chacun se trouve avoir plus ou moins de cette faculté de la raison suivant le genre de vie qu'il adopte: l'un, en effet, regarde et conserve comme appartenant à son père, le patrimoine qu'il en a reçu, l'autre en use comme d'un bien qui lui appartient en propre et le dissipe dans tous les excès. Nous avons du reste dans la conduite de ce père une preuve démonstrative du libre arbitre, il ne retient pas le fils qui veut se séparer de lui pour ne point blesser son libre arbitre, il ne force point non plus l'aîné de quitter la maison paternelle, pour ne point paraître le premier auteur des malheurs qui suivraient cette séparation. Or, ce fils s'en va, non point en changeant de lieu, mais par l'éloignement de son coeur: «Il partit, dit l'Évangile, pour une région étrangère et lointaine».