Luc 14, 6

Et ils furent incapables de trouver une réponse.

Et ils furent incapables de trouver une réponse.
Louis-Claude Fillion
Plus haut, v. 4, les Pharisiens s'étaient tus parce qu'ils n'avait pas « voulu » répondre ; maintenant leur silence est forcé et provient de l'embarras. Quelle riposte auraient-ils pu faire à la démonstration si frappante de Jésus ? C'est ainsi que Notre-Seigneur débarrassait peu à peu l'institution sabbatique des observances mesquines sous lesquelles l'étouffait à demi une tradition inintelligente.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Dans la question qu'il leur adresse, il se rit de leur folie, qui leur fait proscrire les bonnes oeuvres le jour du sabbat, que Dieu lui-même a béni; en effet, un jour où l'on ne fait point de bonnes oeuvres, est un jour maudit.

Notre-Seigneur ne s'inquiète pas du scandale que vont prendre les pharisiens, il ne songe qu'à faire du bien à celui dont l'état réclame son secours; ainsi quand il s'agit d'un grand bien, nous ne devons pas nous préoccuper si les insensés en seront scandalisés.

C'est-à-dire, si la loi défend les oeuvres de miséricorde le jour du sabbat, ne prenez ce jour-là aucun soin de votre fils, qui est en danger; mais pourquoi parler de votre fils; quand votre boeuf en péril a droit le jour du sabbat à toute sollicitude?
Saint Bède le Vénérable
Notre-Seigneur confond ainsi les pharisiens qui épiaient sa conduite, et condamne à la fois leur avarice, car c'était par un sentiment d'avarice qu'ils délivraient leurs animaux en péril le jour du sabbat. À combien plus juste titre, le Christ devait-il délivrer l'homme, mille fois supérieur à l'animal sans raison?

Nous lisons dans le texte sacré « Et Jésus répondant », parce qu'il répond, en effet, aux pensées de ceux dont il dit plus haut: « Et ils l'observaient », (cf. Mc 12,35 Ap 7,13 ) car le Seigneur pénètre les plus secrètes pensées des hommes.

Il tranche donc la question par un exemple des plus propres à les convaincre qu'ils violaient le sabbat par un motif de cupidité, eux qui l'accusaient de le violer par une oeuvre de charité. Aussi l'Évangéliste ajoute-t-il: « Et ils ne pouvaient rien lui répondre ».

Dans le sens mystique, l'hydropique est la figure de celui qui est comme accablé sous le poids du cours déréglé des voluptés charnelles, car l'hydropisie tire son nom d'un épanchement de sérosité aqueuse.
Saint Grégoire le Grand
C'est à dessein que Notre-Seigneur guérit cet hydropique en présence des pharisiens, parce que l'infirmité corporelle de l'un était la figure de la maladie intérieure des autres.
Saint Augustin
Le Sauveur compare justement l'hydropique à l'animal qui est tombé dans un puits (car c'est un excès d'humeur liquide qui le rendait malade), comme il a comparé plus haut à l'animal qu'on délie pour le mener boire, la femme qui était comme liée depuis plusieurs années.

Ou bien encore, l'hydropique figure le riche avare, car plus le liquide épanché abonde chez l'hydropique, plus il est dévoré par la soif; ainsi plus le riche avare voit augmenter les richesses dont il fait un mauvais usage, plus aussi ses désirs s'enflamment.