Luc 14, 17
À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.”
À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.”
Nous avons déjà mentionné ailleurs (Evang. selon S. Matth. p. 241) la coutume
orientale qui consiste à lancer, au moins dans les grandes occasions, plusieurs invitations consécutives. La
dernière a lieu au moment même du festin sous une forme très pressante. Venez, car le repas est prêt ! Crient
les serviteurs de l’amphitryon dans les villes syriennes, à la porte des invités. Voyez Thomson, the Land and
the Book, 1876, p. 125 ; Rosenmüller, Neues u. alt. Morgenland, t. 5, p. 192 et ss. Ici, le serviteur n'est autre
que Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a daigné prendre par amour pour nous la forme d'un esclave, Phil. 2, 7.
On peut aussi lui associer S. Jean-Baptiste et les Apôtres, attendu qu'ils forment ensemble comme un tout
moral ; mais c'est surtout de sa personne divine qu'il s'agit, car il annonçait avec une autorité et avec un zèle
incomparables que tout était prêt.
Ou bien, il a fait un grand festin, en nous préparant le banquet des douceurs éternelles, où tous nos désirs seront satisfaits. Il y convie beaucoup de monde, et peu se rendent à son invitation, parce que souvent ceux qui font profession de lui être soumis par la foi, se rendent indignes par la dépravation de leur vie de son banquet éternel. Or, il y a cette différence entre les plaisirs du corps et ceux du coeur, que les plaisirs du corps excitent de violents désirs avant qu'on les ait goûter, mais dès qu'on en est en possession, ils se changent en satiété et en dégoût pour celui qui s'y est livré; au contraire, les délices spirituelles inspirent le dégoût à ceux qui ne les connaissent pas, tandis qu'elles excitent de vifs désirs dans le coeur de celui qui les a une fois goûtées. C'est pour cela que la miséricorde divine place sous les yeux de notre âme ces délices spirituelles que nous dédaignons, et pour combattre cet éloignement, nous invite à venir les goûter: «Et il envoya son serviteur», etc.
Ce serviteur qui est envoyé, c'est Jésus-Christ lui-même (cf. Mt 12,18 ) qui étant Dieu par essence, et vrai Fils de Dieu, s'est anéanti lui-même en prenant la forme d'esclave. Il a été envoyé à l'heure de la Cène; car ce n'est pas dès l'origine que le Verbe du Père s'est revêtu de notre nature, mais dans les derniers temps. Il ajoute: «Parce que tout est prêt». Dieu le Père, en effet, nous a préparé dans la personne de Jésus-Christ, tous les biens qu'il a répandus par lui sur le monde, la rémission des péchés, la participation à l'Esprit saint, l'honneur de l'adoption divine; c'est à toutes ces grâces que Jésus-Christ est venu nous appeler par les enseignements de l'Évangile.